Le siège parisien perquisitionné — Lafarge

Lafarge avait reconnu ses erreurs

Lafarge avait reconnu ses erreurs

"Nous coopérons pleinement avec les enquêteurs, mais nous ne pouvons faire davantage de commentaires sur cette enquête en cours", a déclaré une porte-parole de Lafarge à l'AFP. Dans le même temps, la police fédérale belge a procédé à une perquisition à Bruxelles dans les locaux de GBL (groupe Albert Frères) qui est actionnaire du cimentier franco-suisse, soupçonné d'avoir indirectement financé des groupes djihadistes en Syrie. Le siège d'une filiale du groupe est également en cours de perquisition à Bruxelles.

Malmené à la Bourse de Paris à la suite de ces informations, le titre LafargeHolcim a clôturé en baisse de 1,95 %.

"Les enquêteurs cherchent à savoir si Groupe Bruxelles Lambert aurait pu être au courant des agissements du cimentier en Syrie", d'après la source proche de l'enquête.

Débutée en juin et menée par trois juges d'instruction, l'enquête s'attache à déterminer si le géant du ciment a versé de l'argent à certains groupes, notamment l'EI, pour continuer à faire fonctionner la cimenterie de Jalabiya durant 2013 et 2014, et ce, malgré le conflit syrien.

"LafargeHolcim rappelle qu'il a condamné avec la plus grande fermeté les erreurs commises en Syrie et qu'il met tout en place pour qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire".

Une perquisition a eu lieu ce matin au siège de Lafarge à Paris et dans une filiale bruxelloise.

Le scandale avait été révélé en juin 2016 par une enquête du journal Le Monde qui avait mis en lumière de "troubles arrangements" entre Lafarge Cement Syria (LCS), branche syrienne du groupe, et l'organisation terroriste Daesh, alors que l'organisation djihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région. Cela représentait pour l'EI, une somme "de l'ordre de 20.000 dollars" par mois, a relaté Bruno Pescheux, directeur de la cimenterie de 2008 à 2014, devant les enquêteurs du SNDJ, indique BFMTV.

Selon le SNDJ, la direction française du groupe "a validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables".

A ce jour, les magistrats instructeurs ont interrogé plusieurs ex-employés syriens de l'usine.

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