Relance de l'Europe de la Défense: Le "Club des 23" constitué

Jean-Yves Le Drian le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères à Bruxelles

Jean-Yves Le Drian le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères à Bruxelles

Les ministres des Affaires étrangères ou de la Défense de 23 Etats membres de l'UE, dont la France et l'Allemagne, ont signé, lundi à Bruxelles, un document conjoint et ambitieux visant à mettre en place une coopération structurée permanente (CSP) en matière de défense.

Une chose est sûre: ce n'est pas l'Union de la sécurité et de la défense qui a été créée le 13 novembre à Bruxelles, même si la ministre allemande de la Défense [Ursula von der Leyen] prétend le contraire. Ce qui a été créé, c'est une "coopération structurée permanente" [Permanent Structured Cooperation, Pesco] et c'est exactement ce qu'indique le terme: militairement vague et politiquement prudent.

En théorie, cette coopération renforcée peut déboucher sur la mise sur pied d'un quartier général opérationnel pour des unités de combat de l'UE ou d'une plateforme logistique d'opérations.

Une cinquantaine de projets de développement de matériel militaire (char, drones, avion de transport militaire...) ont déjà été déposés.

La chef de la diplomatie européenne, Federic Mogherini, a décrit "un moment historique pour la défense européenne".

Pour la plupart des diplomates et experts, la vision française de la CSP, exigeante car tournée vers la participation à des missions potentiellement risquées, a été supplantée par la vision allemande, surtout soucieuse de faire participer le plus grand nombre de pays.

Le Royaume-Uni, traditionnellement atlantiste et premier budget militaire de l'UE, s'est toujours farouchement opposé à tout ce qui pouvait évoquer de près ou de loin une "armée européenne", considérant que la défense territoriale de l'Europe était l'unique prérogative de l'Otan.

Mais le Brexit prévu en mars 2019 approche et Londres - qui s'est exclu de la CSP avec le Danemark - n'a pas voulu faire obstacle à cette initiative.

Le programme entrera officiellement en vigueur seulement après sa ratification officielle, ce qui devrait survenir en décembre.

Des responsables européens assurent que PESCO aidera au développement de l'industrie européenne de la défense, en plus de stimuler la recherche et le développement des capacités militaires.

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