Vrs recomptage des voix — Honduras

Le président du Tribunal Suprême Electoral, David Matamoros s'adresse aux médias le 6 décembre 2017 à Tegucigalpa au Honduras

Honduras : L'imbroglio politique se poursuit autour de l'élection présidentielle sous fond de violences

Les résultats donnent le président sortant de droite, Juan Orlando Hernandez, en tête avec 42,98% des voix, contre 41,39% à l'opposant de gauche et présentateur de télévision Salvador Nasralla.

Les autorités électorales espéraient ainsi calmer la colère de la population face à la probable réélection de Juan Orlando Hernandez. Alors que le Tribunal électoral était disposé, ce mardi, à procéder à un nouveau recomptage, l'Alliance de l'opposition a posé de nouvelles exigences, notamment que tous les procès-verbaux électoraux soient vérifiés.

Son opposant, Salvador Nasralla, dont les partisans sont descendus dans la rue pour crier à la "fraude" et au "vol" de cette élection, a déclaré à l'AFP qu'il ne pourra "jamais accepter" ces résultats, car "ni officiels, ni définitifs".

Vendredi, le Conseil des ministres du Honduras a donc suspendu plusieurs garanties constitutionnelles et décrété l'état d'urgence, avec un couvre-feu prévu sur une période de dix jours, pour contrôler les mobilisations de l'opposition.

Les observateurs internationaux semblent se ranger, à demi-mot, de son côté. L'eurodéputée portugaise Marisa Matias, coordinatrice de la mission de l'Union européenne, a appelé le TSE à la prudence: "S'il vous plaît, ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé".

L'Organisation des Etats américains (OEA) est allée plus loin encore: "La marge étroite des résultats, ainsi que les irrégularités, les erreurs et les problèmes systémiques qui ont entouré cette élection ne permettent pas à cette mission d'avoir des certitudes sur les résultats", a déclaré l'ex-président bolivien Jorge Quiroga, chef de la mission de l'OEA.

Dans les rues du Honduras, le couvre-feu a généré un chaos automobile et forcé les habitants à faire la queue devant les magasins pour s'approvisionner avant qu'ils ferment. Selon le quotidien El Heraldo, plus de 1 300 personnes ont déjà été arrêtées pour ne pas l'avoir respecté.

Deux policiers ont été abattus par des inconnus dimanche soir, ont annoncé les autorités.

Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes portant l'inscription "J'aime la police".

A 18H00 locales (00H00 GMT mardi), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, d'autres unités de la police sont arrivées à la caserne des "Cobras" pour leur apporter leur soutien, formant un cortège de motos et de véhicules de patrouille, toutes sirènes hurlantes.

Avant même sa tenue, le scrutin était contesté, en raison de la candidature du président sortant.

En fait, l'opposition (Alianza de Oposición contra la Dictadura), qui nie la victoire du président sortant, demande la vérification de plus de 5 000 procès-verbaux litigieux (transmis après des pannes informatiques) alors qu'il y aurait seulement 52 000 voix d'écart entre les deux candidats.

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