Les inégalités se creusent davantage aux Etats-Unis qu'en Europe

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Les inégalités se creusent davantage aux Etats-Unis qu'en Europe

Selon le rapport, la part du revenu national allant aux 10 % des contribuables les plus aisés est passée de 21 % à 46 % en Russie et de 27 % à 41 % en Chine entre 1980 et 2016.

Les inégalités se sont fortement creusées dans le monde depuis les années 1980, en particulier aux Etats-Unis, selon un rapport publié jeudi par une centaine d'économistes dans le monde, qui s'inquiètent d'une possible aggravation du phénomène à l'horizon 2050.

Ce phénomène s'est cependant développé "à des rythmes différents" selon les régions, précise le document, qui fait état d'une forte hausse des inégalités aux Etats-Unis, mais aussi en Russie et en Chine, pays dont les économies se sont fortement libéralisées au cours des années 1990. "Au Moyen-Orient, en Afrique sub-saharienne et au Brésil, les inégalités sont restées relativement stables", mais "à des niveaux très élevés", précise en outre le rapport. Quant à l'Europe, c'est plus modéré: de 33 % à 37 %.LIRE AUSSI Patrimoine: 8 milliardaires possèdent autant que 3,6 milliards de pauvresEn 2016, trois régions détiennent le record de richesses détenues par le 1 % des plus aisés: le Moyen-Orient (61 %) suivi du Brésil et de l'Inde, à 55 % chacun.

En terme d'évolution, la divergence est par ailleurs "extrême entre l'Europe de l'Ouest et les États-Unis, qui avaient des niveaux d'inégalité comparables en 1980, mais se trouvent aujourd'hui dans des situations radicalement différentes".

Certains pays sont encore plus touchés que d'autre parmi cet accroissement des inégalités.

Principale victime de cette dynamique selon le rapport, qui s'appuie sur 175 millions de données fiscales et statistiques, compilées dans le cadre du projet wid.world (Wealth and income database): la "classe moyenne mondiale".

Les 1% d'individus les plus riches "ont profité deux fois plus" de la croissance "que les 50% d'individus les plus pauvres", mais "ces 50% du bas ont bénéficié de forts taux de croissance, alors que la classe moyenne mondiale a vu la croissance de son revenu comprimée", insistent les chercheurs. Et ce, y compris lorsque leur typologie est proche, ce qui est la preuve, selon les économistes, "que les institutions et les politiques publiques jouent un rôle" dans "l'évolution" des inégalités. Les 50 % les plus pauvres n'ont capté pour leur part que 12 % des richesses. Selon leurs projections, les inégalités s'aggraveront davantage si tous les pays suivent la tendance en cours aux Etats-Unis, mais reculeront légèrement s'ils suivent la trajectoire de l'Union européenne.

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