Statu quo sur les taux, optimisme attendu sur l'économie — BCE

Francfort a décidé fin octobre de réduire de moitié ses achats de dettes à 30 milliards d'euros par mois dès janvier et jusqu'à septembre 2018 au plus tôt

Statu quo sur les taux, optimisme attendu sur l'économie — BCE

Mario Draghi avait indiqué lors de sa dernière réunion en octobre que la politique monétaire allait rester accommodante en 2018, avec une extension du programme d'assouplissement quantitatif (QE) jusqu'en septembre 2018.

L'institution a par ailleurs confirmé sa décision d'octobre de ramener les rachats nets de dette publique et privée d'un rythme de 60 milliards d'euros à 30 milliards d'euros (34,7 milliards de francs) mensuels à compter de janvier et ce jusqu'à septembre 2018, voire au-delà si nécessaire.

Les regards se porteront à partir de 13H30 GMT sur la conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi, marquée ce jeudi par de nouvelles prévisions macroéconomiques pour la zone euro, cruciales pour deviner l'orientation de la politique monétaire.

Le principal taux de refinancement a été maintenu à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n'ont pas l'utilité immédiate.

M. Draghi devrait à nouveau s'efforcer dans son discours de marier optimisme et appel à la patience, car la BCE ne s'attend pas à voir l'inflation revenir rapidement vers son objectif "proche de 2%" en glissement annuel à moyen terme.

Comme les autres banques centrales, l'institution de Francfort est confrontée à une période de longue croissance et d'embellie de l'emploi sans que l'inflation ne suive, contrairement au phénomène classiquement observé par le passé.

Mais en dévoilant une première prévision à 1,7% d'inflation en 2020, très attendue par les observateurs, l'institution laisse entendre que le retour de l'inflation dans les clous de son mandat prendra du temps.

Ce tableau mitigé, fait de conjoncture robuste peinant à entraîner les prix, ne laisse guère augurer de resserrement monétaire rapide, même si la BCE s'est gardée de tout calendrier précis sur ce point. A savoir, quels actifs ne seront moins achetés.

Aux Etats-Unis, la Réserve Fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de relever ses taux et envisagé trois nouvelles hausses l'an prochain, alors que le taux d'inflation devrait atteindre 1,9% et que la prévision de croissance a été rehaussée.

La BCE, tout en réduisant la dépendance de l'économie européenne au QE, veut éviter de remonter subitement ses taux d'intérêt, ce qui pourrait sinon alimenter la hausse de l'euro et s'avérer contre-productif pour les prix.

Cependant, la BCE estime que les facteurs qui freinent actuellement la progression des salaires, parmi eux la modération salariale dont certains pays ont besoin pour regagner de la compétitivité sur leurs prix, devraient s'estomper progressivement.

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