Salmonelle dans le lait pour bébé : Lactalis savait, selon le Canard Enchainé

Lait infantile contaminé

Salmonelle dans le lait pour bébé : Lactalis savait, selon le Canard Enchainé

Le Canard enchaîné révèle qu'une inspection sanitaire de routine du site de Craon aurait été effectuée au mois de septembre par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), une instance de contrôle rattachée au ministère de l'Agriculture, mais n'aurait détecté aucune anomalie.

Le Canard enchaîné de ce mercredi indique que Lactalis, qui a rappelé, en décembre, des lots de lait infantile en raison d'une contamination à la salmonelle, était au courant de la présence de la bactérie "sur du matériel de nettoyage et sur les carrelages" de son usine de Craon, en Mayenne. Ce n'est que le 2 décembre que le groupe a commencé à rappeler ses produits. Voilà l'épineuse question soulevée par un expert en sécurité sanitaire des aliments interrogé par le Canard Enchaîné le 3 janvier. Le 21 décembre, la marque leader dans le domaine des produits laitiers annonçait qu'elle rappelait la production depuis février de son usine de Craon, dans la Mayenne, à l'origine du phénomène. Ce qu'il n'a effectivement pas fait selon Bercy et le ministère de l'Agriculture. Interrogée par Allodocteurs.fr, la direction de la communication de Lactalis dément cette information, précisant que "l'ensemble de l'usine [était] à l'arrêt" depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté préfectoral, le 8 décembre. Toutes les mesures de nettoyage et de contrôle nécessaires auraient alors été appliquées, et les analyses transmises aux autorités. "Il n'y a rien de nouveau, toutes les enquêtes et audits que nous avons menés sont à la disposition des autorités", ajoute le groupe. Pour sa défense, il souligne aussi qu'une obligation de notification n'existe que lorsque une non-conformité a été décelée sur un produit mis sur le marché.

Lactalis précise que "les lots de produits mis en cause [dans les cas de contamination de nourrissons] ont été fabriqués en début d'année, antérieurement à la période" évoquée par le Canard enchaîné.

Déjà sous le coup d'une plainte d'un père de famille et d'une enquête pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui" et "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine", l'entreprise devra prochainement s'expliquer. Si les contrôles dans les laiteries sont stricts et nombreux (40 pour une brique de lait UHT avant sa sortie d'usine), tous savent que personne n'est à l'abri d'un tel scandale, sur des foyers de bactérie apparaissant facilement. C'est à la fois incroyable et peu surprenant étant donné l'opacité de cette affaire. À cela, une responsable du service Alimentation au ministère de l'Agriculture répond que le ministère "n'a pas eu connaissance" de ces résultats. "Comme se fait-il que l'usine fonctionne encore?", s'indigne Quentin Guillemain, président de l'association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, invité de Bourdin Direct ce mardi.

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