La jihadiste Émilie König dément toute torture — Syrie

Emilie König filmée par le bureau de la presse du YPG. /Capture vidéo

Emilie König filmée par le bureau de la presse du YPG. /Capture vidéo

Dans une vidéo diffusée ce lundi par les forces kurdes, la djihadiste française Emilie König assure ne pas subir de violences depuis son arrestation, en décembre dernier.

Emilie König se trouve détenue dans un camp kurde en Syrie avec son garçon de 4 ans et ses jumelles d'un an, en compagnie d'autres femmes françaises. Ce camp est contrôlé par les Unités de Protection du Peuple (en kurde: Yekîneyên Parastina Gel) qui forment la branche armée du Parti de l'union démocratique (PYD) syrien qui contrôle l'enclave du Rojava. La guerre soit-disant anti-terrorisme est comme toutes les guerres, au service des profiteurs de guerres. "Si on a envie de fumer on peut fumer, si on a envie de boire du thé hors temps de repas, ils nous apportent du thé, du café. ils nous apportent tout ce dont on a besoin", commence par détailler la captive, membre de Daech.

"Il n'y a pas eu de torture", explique-t-elle cependant dans les vidéos en français et en arabe postées sur Youtube par un organe de propagande des forces kurdes en Syrie. J'ai vu que les femmes du YPG jouaient avec des enfants, jouaient avec des bonbons, des chocolats, des biscuits.

"Depuis mon arrestation, on m'a toujours traité correctement. El hamdou lillah (grâce à Dieu), j'ai pas eu d'injustices", dit-elle dans une deuxième vidéo, en français cette fois. Tout ce qu'on m'a dit, en fait, c'était le contraire.

Impossible de savoir si cette vidéo a été réalisée sous la contrainte ou si elle reflète les réelles conditions de détention d'Emilie König.

Partie en Syrie en 2012 en pionnière, la jeune femme originaire de Lorient a été placée en septembre 2014 par l'ONU sur la liste noire des combattants les plus dangereux. Comme la plupart des Français - une trentaine - capturés par les forces kurdes, elle devrait être jugée sur place " si les autorités locales peuvent offrir un certain nombre de garanties en termes de traduction, en termes d'accès à un avocat", a précisé la semaine dernière Nicole Belloubet, ministre de la Justice. Les renseignements avaient intercepté ses appels récurrents à attaquer les institutions françaises ou à s'en prendre aux femmes de soldats français.

Face caméra, la jeune femme de 33 ans dément les accusations de tortures et mauvais traitements qu'elle subirait, selon sa mère, et qui justifieraient son rapatriement en France. "Emilie König " est la mère de trois enfants français " et " tout doit être mis en oeuvre pour faciliter leur rapatriement, conformément aux engagements internationaux de la France ", avait aussi fait valoir Me Vinay.

D'après une source proche du dossier en France, une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d'hommes que de femmes, accompagnés d'une vingtaine d'enfants, ont été arrêtés en Syrie et Irak, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

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