Le travail de nuit facteur de cancer chez la femme

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Mais il peut aussi accroître dangereusement le risque de développer un cancer lorsque l'on est une femme.

L'étude conclut que le travail de nuit pendant de longues années peut accroître le risque de onze types de cancers, au premier rang desquels le cancer de la peau, dont le risque augmente de 41% par rapport aux femmes ne travaillant pas de nuit. C'est la question à laquelle ont souhaité répondre des scientifiques en analysant 61 études couvrant près de 115.000 cas de cancers (répartis en 11 différents types) et 3,9 millions de participantes et participants en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie.

Une méta-analyse, publiée ce lundi 8 janvier dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, établit un lien entre le travail de nuit à long terme et l'augmentation du risque de 11 types de cancers différents chez la femme, parmi lesquels le cancer du sein et le cancer de la peau. Le travail de nuit doit être considéré comme un facteur de risque du cancer chez la femme, conclut l'étude qui recommande des examens médicaux et dépistages plus réguliers chez les femmes effectuant des vacations de nuit.

Dans le groupe des infirmières, celles qui travaillaient de nuit avaient un risque nettement plus grand de cancer du sein (58%) ainsi que de cancer gastro-intestinal (35%) et du poumon (28%).

Les chercheurs indiquent également que l'accroissement du cancer du sein n'a été constaté que chez les femmes travaillant de nuit en Amérique du Nord et en Europe. Les chercheurs ont d'ailleurs effectué une autre analyse portant sur les effets du travail de nuit sur les risques de six cancers. Selon eux, cela pourrait indiquer que ces femmes avaient des niveaux d'hormones sexuelles plus élevés ce qui accroît le risque de cancer mammaire.

A chaque tranche de cinq ans de travail de nuit supplémentaire, l'étude montre que le risque de cancer du sein augmente de 3,3%.

Mais cette fréquence accrue pourraient aussi s'expliquer par les connaissances médicales des infirmières et le fait qu'elles se soumettent plus fréquemment à des examens médicaux, relèvent les auteurs. À l'heure actuelle, les travailleurs de nuit en France doivent bénéficier d'un suivi individuel régulier de leur état de santé par la médecine du travail afin d'apprécier "les conséquences éventuelles du travail de nuit pour sa santé et sa sécurité, notamment du fait des modifications des rythmes chronobiologiques, et d'en appréhender les répercussions potentielles sur sa vie sociale", précise le site du ministère du Travail.

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