Soupçons d'espionnage des salariés : le parquet demande un procès contre Ikea

Espionnage des salariés chez Ikea France: vers un procès au pénal

L’enseigne est accusée d’avoir obtenu illégalement des renseignements sur ses salariés. AFP

Ikea aurait ainsi fait appel à au moins un prestataire extérieur et à des policiers qui consultaient le STIC, un fichier des services de police répertoriant les auteurs et les victimes d'infractions pour délivrer ces informations sur les salariés.

Ce réquisitoire du parquet, qui demande également le renvoi de quinze personnes, est l'aboutissement de près de six années d'enquête, qui ont permis de lever le voile sur un système de surveillance.

Le parquet a notamment requis la tenue d'un procès pour violations du secret professionnel et collecte illicite de données personnelles au profit d'Ikea France, de son côté accusé de recel de ces infractions, a indiqué jeudi une source proche de l'enquête. Les syndicats FO et CGT avaient alors déposé plusieurs plaintes, amenant le parquet de Versailles à ouvrir une information judiciaire en avril 2012.

Le juge d'instruction dispose désormais d'un délai de trois mois pour ordonner le renvoi définitif devant le tribunal correctionnel ou pour prononcer un non-lieu. "Ikea continue à collaborer pleinement afin que toute la lumière soit faite", a-t-elle dit dans un communiqué.

Tout avait commencé en février 2012.

Le but: récolter un maximum d'informations sur leurs antécédents judiciaires ou sur l'état de leur compte en banque. Quatre fonctionnaires de police sont d'ailleurs mis en examen dans cette affaire. Ikea France, en tant que personne morale, l'ancien PDG de la filiale Jean-Louis Baillot, Dariusz Rychert, directeur financier, et Stefan Vanoverbeke, directeur général d'Ikea France de 2010 à 2015, ont aussi été mis en examen en novembre. Dans ce cadre de nombreuses perquisitions ont été réalisées au siège du groupe en région parisienne et dans des enseignes en province.

Dernières nouvelles