Lactalis s'excuse, la grande distribution s'engage — Contamination aux Salmonelles

Laits Lactalis contaminés la crise s'étend en Europe

Le siège de l'Institut Pasteur à Paris le 21 juillet 2017BERTRAND GUAY

Dans sa pétition, l'organisation demande aussi des preuves de la destruction des lots censés être rappelés. Stéphane Clisson, porte-parole de la Confédération Paysanne des Deux-Sèvres, est scandalisé:

C'est intolérable qu'aujourd'hui, en France, le pays où la santé alimentaire est la plus sécurisée, on arrive à donner du lait contaminé à nos enfants.
"Le cas espagnol est confirmé (...) Le cas grec ne l'est pas, mais il y a des signes", a expliqué François-Xavier Weill, bactériologiste de l'Institut Pasteur de Paris, confirmant une information publiée dans la revue médicale Eurosurveillance.

Quentin Guillemain demande également qu'un juge d'instruction soit saisi.

Le scandale du lait contaminé de Lactalis sera porté devant les tribunaux.

Bruno le Maire a annoncé qu'il convoquait les acteurs de la grande distribution dès ce jeudi soir à 18h30 et la direction de Lactalis demain. Mais ils refusent d'être cloués seuls au pilori. Le patron des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a estimé jeudi qu'il y avait eu une " défaillance systémique et pas seulement sectorielle", épinglant au passage " des services de l'État ".

Conséquence de l'étendu de ce scandale: l'industriel devra reprendre tous les lots de lait infantile produits dans son usine affectée par une contamination à la salmonelle. "Effectivement, il ne faut pas être surpris qu'on puisse contaminer un circuit de poudre", déplore cet ancien salarié.

En décidant le 21 décembre de rappeler l'ensemble des laits et produits infantiles élaborés dans son usine de Craon (Mayenne) en février 2017, "nous avons appliqué un principe de précaution maximum", a encore dit le responsable du groupe laitier. Le ministère de l'Agriculture avait pour sa part affirmé début janvier n'avoir " pas eu connaissance " des résultats des auto-contrôles menés par le groupe. 37 nourrissons en ont été intoxiqués et trois rappels de produits - entre le 2 et le 21 décembre - n'ont pas permis d'assurer leur retrait total des rayons.

Ces déclarations remettent en cause l'efficacité des procédures de rappel et de retrait des produits, pose la question de la sécurité et de la santé des consommateurs mais aussi de l'efficience des mesures existantes.

Une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre 2017 par le parquet de Paris, notamment pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Le bilan de Santé publique France fait état, à ce jour, de 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile de l'usine Lactalis incriminée.

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