Plus de 10.000 accidents du travail "psychiques" par an en France

Plus de 10.000 affections psychiques reconnues comme accidents du travail en 2016 selon une étude

SANTE- Les personnes concernées par les affections psychiques liées au travail ont en moyenne 40 ans…Plus

La branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de l'Assurance maladie a en effet étudié les certificats médicaux des 626.000 accidents du travail reconnus en 2016: parmi eux, environ 10.000 concernaient des "affections psychiques".

Les assurés sont, il est vrai, de plus en plus nombreux à demander la reconnaissance de leur affection psychique en maladie professionnelle, ce qui renforce la hausse. Ces évolutions intervenant dans un contexte général de réduction de la sinistralité au travail, la part des affections psychiques dans l'ensemble des accidents du travail a progressé entre 2011 et 2016 de 1 % à 1,6 %. Un ressenti qui, combiné à des violences internes dans l'entreprise (harcèlement moral ou sexuel, ou des situations de conflits entre collègues ou entre services), ou à des violences externes (soient des insultes, menaces et agressions "commises sur des salariés par des personnes externes à l'entreprise), ont des conséquences sur la santé mentale: troubles "anxio-dépressifs", risque d'"épuisement professionnel, voire de suicide". Les mieux immunisés sont les cadres, techniciens et agents de maîtrise (20 cas).

Le secteur médico-social concentre à lui seul près de 20 % des accidents psychiques liés au travail, alors qu'il n'emploie que 10 % des salariés.

La fréquence des troubles est maximale chez les femmes trentenaires et chez les hommes quadragénaires, puis elle décroît avec l'âge. Les femmes sont les premières victimes. Cela s'explique par la surreprésentation féminine dans les secteurs à risque.

Environ 600 affections psychiques (sur 1.100 demandes) ont été identifiées comme maladie professionnelle en 2016. Infirmiers, aides-soignants, assistants sociaux côtoient la maladie et la mort tous les jours, mais se sentent souvent dépourvus pour accomplir leur mission. Les activités de courrier et de livraison sont moins visibles (5 %), mais c'est là que la fréquence des troubles est la plus élevée.

La branche AT-MP de l'assurance maladie note que ces secteurs figurent aussi parmi les grands pourvoyeurs d'arrêts maladie avec délivrance de médicaments psychotropes, notent Les Echos. Il existe toutefois une définition de ces troubles psychosociaux, qui renvoie aux "troubles psychiques avérés chez un travailleur, dont l'origine est directement liée à son milieu professionnel", selon une définition élaborée par l'Institut national de recherche et de sécurité. Les durées moyennes d'arrêt sont alors supérieures à un an (400 jours), contre 112 jours en accident du travail. Le nombre de demandes a d'ailleurs plus que quintuplé en cinq ans, de 200 en 2012 à 1.100 en 2016. Voilà qui devrait inciter les entreprises à renforcer la prévention.

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