8 civils tués dans des frappes turques sur Afrine (Kurdes) — Syrie

Des enfants saluent des blindés turcs à la frontière syrienne le 21 janvier 2018

Des enfants saluent des blindés turcs à la frontière syrienne le 21 janvier 2018

Les villes turques situées près de la frontière syrienne sont la cible de roquettes tirées depuis des zones kurdes. "Plus tard, étape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu'à la frontière irakienne de cette croûte de terreur qui essaye de nous assiéger", a-t-il promis. Des militaires turcs sont entrés à 8 h 05 (GMT) dans la région d'Afrin, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim, cité par l'agence de presse Dogan. L'armée turque a procédé vendredi et hier à des frappes contre des positions des YPG en Syrie et massé des centaines de soldats et des dizaines de blindés le long de la frontière, menaçant de passer à l'offensive avec l'aide de rebelles syriens pro-Ankara.

Ankara a toujours considéré les YPG comme une organisation terroriste, affilée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis 30 ans. Mais les Kurdes sont les alliés incontournables des États-Unis et de la France dans leur combat contre le groupe État islamique dans la nord de la Syrie. Ses combattants ont joué un rôle majeur dans l'éviction des djihadistes de tous leurs principaux fiefs de Syrie. Reste que les analystes estiment qu'aucune offensive majeure ne peut être lancée en Syrie sans l'aval de la Russie, présente militairement dans la région et qui entretient de bonnes relations avec les YPG.

Réagissant aux informations faisant état de l'entrée de soldats turcs en Syrie, les YPG ont affirmé avoir repoussé une incursion: "La Turquie voulait entrer à Afrine, mais nous avons repoussé leur attaque", a affirmé un porte-parole des YPG, Birusk Hasakeh. Le chef de l'armée turque, le général Hulusi Akar, et celui des services de renseignements Hakan Fridan se sont rendus à Moscou jeudi pour des entretiens. "Nous appelons les parties opposées à faire preuve de retenue".

Ankara s'inquiète en outre d'une éventuelle participation des YPG à un congrès que le président russe Vladimir Poutine souhaite organiser les 29 et 30 janvier dans la station balnéaire de Sotchi afin de trouver une issue à ce conflit qui a fait plus de 340.000 morts. Lors de cette rencontre, "nous avons réussi à nous mettre d'accord sur la liste des participants", a-t-il observé tout en précisant qu'il fallait encore "un ou deux jours" pour harmoniser les derniers détails.

Des militaires turcs sont entrés dimanche en Syrie, au deuxième jour d'une offensive contre une milice kurde que le président Recep Tayyip Erdogan espère conclure "en très peu de temps", mais qui suscite l'inquiétude de Paris.

" L'opération Afrine a commencé de facto sur le terrain". Interrogé sur une éventuelle collaboration de l'armée turque avec les rebelles syriens pour une telle opération, le président turc a répondu par l'affirmative, sans donner plus de détails.

Des responsables du HDP ont vivement dénoncé l'offensive turque, accusant Ankara de vouloir "occuper" des zones contrôlées par les Kurdes dans le nord de la Syrie. "L'idée des Turcs est d'empêcher les Kurdes de faire leur jonction entre Kobané et Afrine, d'empêcher que se constitue un Etat" kurde en Syrie, analyse sur Europe 1 Régis Le Sommier, directeur adjoint de Paris Match et auteur de livre Assad.

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