5 mesures choc du rapport remis au gouvernement — SNCF

Maintenance des rames TER Régiolis au Technicentre Midi-Pyrénées à Toulouse

ZOOM Maintenance des rames TER Régiolis au Technicentre Midi-Pyrénées à Toulouse. Lydie Lecarpentier Réa

"Avant de prendre connaissance de ce rapport, il me semble intéressant de pouvoir évoquer avec les agents la façon dont ils voient à la fois la force du transport ferroviaire, les défis auquel il est confronté et les menaces peut-être qui pèse sur lui", a souligné le chef du gouvernement. "Donc il faut trouver un nouveau modèle économique, il faut trouver un système ferroviaire qui réponde aux questions de mobilité du quotidien des Français", a-t-il déclaré sur Sud Radio. Il estime dans son rapport que les "performances ne sont pas satisfaisantes, en termes de régularité, de gestion des crises, d'information aux voyageurs, de sécurité" en invitant à continuer les chantiers de modernisation qui doivent "être et rester la priorité pour les vingt ans à venir". Il évoque aussi le recours pendant deux ans à des plans de départs volontaires et un changement de statut pour la SNCF, en transformant ses deux principales composantes, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, en sociétés anonymes à capitaux publics. "On est lucide, on est responsable, et on n'avance pas en ayant la peur au ventre". " C'est-à-dire soit par les bénéfices des autres lignes, soit par des subventions locales".

Pour les TGV aussi, l'entreprise publique qui emploie près de 150.000 personnes (hors filiales) va devoir agir, alors que les deux tiers des dessertes perdent de l'argent, en particulier quand les trains s'arrêtent dans de petites villes de province. Suggérant de faire rentrer les gares dans le giron de SNCF Réseau.

Le rapport suggère que les nouveaux embauchés à la SNCF ne bénéficient plus du statut de cheminot à l'avenir, comme cela a déjà été fait pour La Poste et Orange. Il propose la fin du statut des cheminots pour les nouvelles embauches, sujet socialement explosif.

Le statut actuel d'établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) assure en effet une garantie illimitée de l'Etat, ce qui serait incompatible avec l'ouverture à la concurrence pour SNCF Mobilités et interdirait à SNCF Réseau de reconstituer une dette "non soutenable". Le rapport Spinetta préconise que l'État s'implique dans la reprise de cette dette.

Jean-Cyril Spinetta doit enfin donner son avis sur "les conditions de la réussite" de l'ouverture à la concurrence dans le transport de voyageurs, prévue à partir de 2019 pour les TER et Intercités (subventionnés par l'Etat et les régions) et de 2020 pour les TGV (qui dépendent directement de la SNCF). Celle des voies ferrées a commencé mais il manque des centaines de millions d'euros pour la signalisation et les installations électriques. Pour réussir là où ceux qui l'ont précédé ont toujours échoué, le gouvernement pourrait également proposer de contribuer financièrement à la coûteuse rénovation du réseau.en compensation d'une réforme du régime de retraite des cheminots.

Un rapport, commandé par le Premier ministre Edouard Philippe, préconise plusieurs transformations de la SNCF. Inacceptable pour la CGT, qui y voit une "politique anti-ferroviaire", une réduction du service public et des réseaux. Elle accuse la concurrence d'avoir "tué" le transport de fret, libéralisé depuis 2006 et qui reste un boulet financier pour la SNCF.

Dernières nouvelles