La famille d'un universitaire décédé en prison demande une autopsie — Iran

Un gardien assure la sécurité à l'intérieur de la prison Evin de Téhéran en Iran

Un gardien assure la sécurité à l'intérieur de la prison Evin de Téhéran en Iran

Kavous Seyed Emami, Irano-Canadien de 63 ans, était le directeur de la Fondation pour la faune persane, qui oeuvre à la protection des espèces menacées en Iran.

Selon la police, il se serait suicidé dans sa cellule.

Ramin Emami, le fils de l'écologiste, musicien sous le nom de King Raam, a affirmé sur son site que sa mère avait été "interrogée et menacée" vendredi pendant trois heures avant qu'on l'informe de la mort de son mari.

Le procureur de Téhéran a par ailleurs affirmé que le principal soutien financier de ce réseau était un citoyen irano-britanno-américain, aux initiales MT, faisant probablement référence à Morad Tahbaz, un riche homme d'affaires et membre de la Fondation pour la faune persane, qui a été arrêté le mois dernier. "Je ne crois pas à cette version ", a-t-il ajouté.

Le scepticisme était aussi de mise au sein de l'Association iranienne de sociologie, dont Emami était un membre actif. "Le procureur de Téhéran, Abbas Jafari-Dolatabadi, a lui confirmé dimanche la mort de l'universitaire". "Parce qu'il n'y a pas un bon angle [.], l'acte de suicide n'est pas clair", a-t-il indiqué à l'agence Ilna.

Dans le même temps, de nombreuses questions circulent sur le sort du directeur-adjoint de l'Organisation pour la protection de l'environnement, Kaveh Madani, dont un député réformateur a annoncé dimanche l'arrestation. L'annonce de son arrestation n'a pu être confirmée de source officielle dans l'immédiat.

Le décès d'Emami intervient après des informations faisant état d'au moins deux " suicides " en prison, liés aux troubles ayant touché plusieurs dizaines de villes iraniennes fin décembre-début janvier.

Un autre homme est mort après avoir été arrêté au cours des manifestations à Arak (centre).

Jafari-Dolatabadi, Kavous Seyed Emami était l'un des principaux contacts des agents du renseignement américain et avait hébergé chez lui un des responsables.

Emani avait enseigné à l'Université Imam Sadegh, dont de nombreux responsables iraniens sont issus, tel le négociateur nucléaire Said Jalili.

" Tout le monde est choqué ", a dit à l'AFP sous couvert d'anonymat un universitaire qui connaissait bien Emami.

" Les informations partielles et vagues du procureur de Téhéran n'ont fait qu'augmenter ces inquiétudes ", a-t-il écrit.

Interrogé lundi, le porte-parole de la justice iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejeie, a indiqué à l'agence Ilna, liée aux réformateurs, avoir entendu qu'Emami s'était " donné la mort, mais qu'il ne disposait pas d'informations détaillées sur cet incident qui fait l'objet d'une enquête ".

" Les responsables consulaires canadiens à Ankara travaillent à recueillir des renseignements supplémentaires ", a-t-elle dit.

Le Canada et l'Iran ont fermé leurs ambassades respectives à Téhéran et à Ottawa en 2012, à la suite de la rupture des relations diplomatiques décrétée à l'époque par le gouvernement canadien.

Emami est le deuxième Irano-canadien à mourir dans les prisons iraniennes après la mort en 2003 de la photojournaliste, Zahra Kazemi.

"Nous avons exprimé à plusieurs reprises nos inquiétudes" au gouvernement iranien "et nous continuerons à le faire", a indiqué la chef de la diplomatie canadienne en assurant que son gouvernement allait "poursuivre par tous les moyens à sa disposition la recherche d'informations complémentaires".

L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité et traite donc les détenus concernés comme des citoyens iraniens.

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