Le président Jacob Zuma démissionne — Afrique du Sud

Présidence Afrique du Sud Jacob Zuma démissionne sous la pression de l'Anc

Le sort du Président Jacob Zuma connu «dans les prochains jours»

Comme sur les traces du Zimbabwéen Robert Mugabe qui, poussé vers la sortie, a un tant soit peu fait dans la résistance avant de courber finalement l'échine sous les lazzis et les quolibets d'un peuple qui en avait gros sur le cœur, le président sud-africain a fini par rendre le tablier dans la soirée du mercredi 14 février 2018.

L'ANC, tout puissant en l'absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n'a donc eu d'autre choix que d'exiger de Jacob Zuma qu'il quitte le pouvoir. La direction de son parti, l'ANC, s'est réunie toute la journée de lundi à huis clos dans un hôtel à l'extérieur de Pretoria pour discuter d'un départ anticipé du chef de l'Etat. Un délai sur lequel "nous n'étions pas d'accord", précise-t-il. Il faut signaler que ce n'est pas pour la première fois que le parti au pouvoir prend une telle décision: en 2008, il l'avait fait à l'endroit du président Thabo Mbeki, qui avait obtempéré et accepté de démissionner.

"Nous avons dit au président Zuma (.) que nous voulions que Ramaphosa prenne les rênes de l'ANC et aussi celles des affaires de l'Etat", a raconté le trésorier du parti, Paul Mashatile.

En décembre dernier, il accède à la présidence du parti en promettant de refermer définitivement la page des scandales qui ont agité le règne de Jacob Zuma.

Dans une interview télévisée diffusée mercredi, M. Zuma se présente en victime et dit avoir été rappelé sans raison évidente. Si Jacob Zuma refuse réellement de démissionner, la situation pourrait rapidement se transformer en cauchemar. La veille, le président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, semblait pourtant confiant qu'une décision serait prise. Si le président Zuma répond, il répondra.

"Toute la nation a été victime depuis plus de dix ans d'un délinquant et d'un imposteur (.), il va rejoindre les poubelles de l'histoire", a raillé Julius Malema, le chef des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale).

La fin de Zuma ne fait plus de doute pour Bongani, un jeune livreur de 26 ans, qui ne regrettera pas son départ: "Il a été un mauvais président pour le pays". L'examen de cette motion est prévu pour les prochains jours. Des demandes qualifiées de "manœuvres opportunistes " par le Dr Ace Sekgobelo Elias Magashule.

Fin 2007, à peine élu président de l'ANC, il est de nouveau pris dans le tourbillon des affaires. "Ils ont atteint le pic de leur carrière politique, certains sont visés par des plaintes (...), ils sont animés par leur seul instinct de survie", a résumé Somadoda Fikeni, analyste politique.

Le patron de l'ANC a lui-même reconnu dimanche que son parti traversait une période de " désunion et de discorde ".

C'est d'ailleurs le président de l'ANC et vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, qui succédera à Jacob Zuma.

"Désormais, il espère " renouer avec la population sud-africaine et remettre l'ANC sur pied", estime Cécile Perrot, chercheuse à l'Université Paris Descartes".

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