L'extrême droite et les populistes en tête — Italie

En Italie, des élections à plusieurs inconnues

Elections en Italie : ce qu'il faut savoir du nouveau mode de scrutin

L'inattendu dépassement du parti Forza Italia (13,4%) par la Ligue du Nord (18,6%) donne, en effet, force et légitimité aux appétits du leader de la Ligue, Matteo Salvini, qui, avant même le scrutin, se présentait déjà comme étant le nouveau premier ministre de la péninsule. "L'Union européenne va passer une mauvaise soirée", avait commenté dès dimanche soir sur Twitter, la présidente du front national français, Marine Le Pen.

Cette coalition est en tête avec environ 37% des voix, la Ligue (16,7%) devançant FI (14%), selon la dernière projection réalisée par la chaîne de télévision publique RAI. Il vise tout particulièrement Matteo Salvini, le chef de la Ligue (ancienne Ligue du Nord).

Les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) tout comme la Ligue, d'extrême droite, auteurs de percées historiques aux législatives en Italie, ont chacun revendiqué le droit de gouverner, excluant toute alliance "eurosceptique" entre eux. La Ligue a martelé de son côté tout au long d'une campagne émaillé d'incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l'égard de "Bruxelles", qui semble avoir porté, dans un pays en proie à l'euroscepticisme et où quelque 690.000 migrants ont été accueillis depuis 2013. Les 46 millions d'électeurs se trouvent face à un paysage politique déchiqueté. Fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, le M5S avait créé la surprise en raflant un quart des voix en 2013 et pourrait devenir le premier parti du pays, même s'il lui faudrait probablement se résoudre à des alliances pour gouverner. "Il y a un élément certain qui émerge de ces premières données qui arrivent, c'est que le Mouvement 5 Etoiles sera le pilier de la prochaine législature", a ainsi déclaré dimanche soir un de ses dirigeants, Alfonso Bonafede.

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution, compte tenu de la complexité du mode de scrutin pour l'élection de la Chambre des députés et du Sénat. La nouvelle loi électorale mélange les systèmes proportionnel et majoritaire, et ces estimations ne permettent donc pas de donner une idée précise de la composition des deux chambres.

Silvio Berlusconi, qui s'était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, est donc tout proche d'avoir perdu son pari.

"Victoire de Di Maio, l'Italie ingouvernable", titrait La Stampa en une pour sa première édition de lundi.

Mais la possibilité d'une éventuelle grande coalition à l'Allemande s'éloigne cependant en raison de la déroute du Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi, qui plafonne à moins de 19% des voix, moins de la moitié des 40% obtenus aux élections européennes de 2014. Il lui appartiendra de confier un " mandat exploratoire " à celui ou celle qui lui paraîtra en mesure d'obtenir une majorité devant le Parlement.

Le ressentiment s'est accentué dans le pays vis à vis de la crise migratoire en Europe.

Dimanche 4 mars, les Italiens élisent leurs députés et leurs sénateurs dans un paysage politique morcelé. "L'ingouvernabilité est désormais une maladie endémique", se désolait Claudio Tito dans un éditorial dans La Repubblica.

Samedi encore, nombre d'électeurs se montraient indécis ou amers, au terme d'une campagne dominée par les questions liées à l'immigration, l'insécurité ou la faiblesse de la reprise économique en Italie.

Dernières nouvelles