Des chercheurs de Marseille découvrent pourquoi il est impossible d'effacer les tatouages

Patrik Ottosson  Flickr

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Environ 22 % des femmes et 26 % des hommes sont tatoués, selon un article publié dans le Journal of the American Academy of Dermatology. Si la peau se renouvelle constamment, elle a cette capacité étonnante de conserver les dessins sur sa surface pendant des décennies, rappellent des chercheurs alors que Paris accueille de vendredi à dimanche la plus grande convention au monde de tatoueurs, le 8e Mondial du tatouage.

Pendant de nombreuses années, on pensait que les tatouages fonctionnaient en colorant les cellules fibroblastiques dans la couche dermique de la peau.

Jusqu'à maintenant, l'hypothèse la plus communément acceptée était que l'aiguille faisait pénétrer l'encre au-delà de l'épiderme, dans le derme. Dans les deux cas, on présumait que la cellule porteuse de pigment vivait éternellement, permettant ainsi au tatouage d'être plus ou moins permanent. Ce serait en fait dans les macrophages, des cellules immunitaires spécialisées qui défendent l'organisme contre les agents infectieux en les ingérant.

Ils ont ainsi constaté que les macrophages du derme étaient le seul type de cellules à absorber le pigment lors du tatouage de la queue des souris.

Ce cycle de capture, de relâchement et de recapture des pigments se produit continuellement dans la peau tatouée même lorsque les macrophages ne sont pas éliminés en une seule fois. Pas n'importe laquelle: "Une souris génétiquement modifiée capable de tuer les macrophages résidant dans son derme", pour accélérer le processus. Au cours des semaines, les chercheurs ont observé que les cellules ainsi détruites avaient été remplacées par de nouveaux macrophages dérivés de cellules précurseurs présentes dans le sang et en provenance de la moelle osseuse et connues sous le nom de monocytes. Pourtant, l'apparence des tatouages n'a pas changé lorsque les macrophages ont été tués. Ces macrophages font, semble-t-il, la même chose avec l'encre. Les chercheurs ont transféré un morceau de peau tatouée d'une souris à l'autre et ils ont constaté qu'après 6 semaines, la plupart des macrophages porteurs de pigments provenaient du receveur plutôt que de l'animal donneur.

"Nous pensons que, lorsque des macrophages porteurs de pigment de tatouage meurent au cours de la vie adulte, d'autres macrophages environnants recapturent les pigments libérés et assurent d'une manière dynamique l'apparence stable et la persistance à long terme des tatouages", explique Sandrine Henri, chercheuse Inserm et co-responsable du projet de recherche.

Cette découverte pourrait éventuellement rendre service aux personnes qui désirent effacer un tatouage. Les tatouages peuvent être enlevés par des impulsions laser qui provoquent la mort des cellules de la peau et libèrent leur pigment qui peut ensuite être transporté loin de la peau et dans le système lymphatique du corps.

Elle permet l'élimination temporaire des macrophages présents dans la zone du tatouage.

Cette étude a été publiée dans le Journal of Experimental Medicine. Ne reste plus alors qu'à éloigner l'encre par "les vaisseaux lymphatiques qui drainent la peau".

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