Onze pays relancent l'accord transpacifique sans les Etats-Unis

11 pays de l'Asie-Pacifique signent l'accord de libre-échange transpacifique sans les USA

Onze pays de la zone Pacifique s'engagent dans le libre-échange

Ces pays, avec le Canada et le Japon en tête, représentent ensemble 13% du produit intérieur brut (PIB) mondial.

La signature de cet accord est "un message politique fort de la région Asie-Pacifique au reste du monde", a déclaré l'hôte de la cérémonie, le ministre chilien des Affaires étrangères Heraldo Muñoz, au côté de la présidente Michelle Bachelet, qui doit passer le pouvoir dimanche au conservateur Sebastian Piñera. Avec les Etats-Unis, le bloc aurait pesé 40 % du PIB mondial. La volonté du président américain de relever les droits de douane de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium vient ainsi de provoquer l'ire de ses partenaires commerciaux dont l'Union européenne, qui a promis de réagir. Il était ensuite devenu la bête noire de Donald Trump, qui s'était inquiété du danger pour "les travailleurs américains".

Le nouvel accord signé un an après le départ des Etats-Unis, à Santiago du Chili, contient la quasi-totalité des dispositions du texte originel, sauf celles portant sur la propriété intellectuelle imposées par Washington.

Le Vietnam et dix autres pays ont signé l'Accord global et progressiste de partenariat transpacifique.

La situation est paradoxale: initialement voulu par les États-Unis pour endiguer l'expansion de la Chine dans le commerce mondial, le traité de libre-échange transpacifique est ressuscité ce 8 mars... sans Washington.

Donald Trump, qui à Davos qualifiait d'"horrible" le partenariat transpacifique, annonçait pourtant fin janvier qu'il n'excluait pas la possibilité de revenir dans le nouvel accord à condition qu'y soient opérés des changements majeurs.

Dans ce contexte, on peut comprendre que le Mexique, pays signataire du CPTPP, cherche à multiplier les accords commerciaux, tant au niveau bilatéral que multilatéral, afin de s'émanciper des Etats-Unis. Son but est de diversifier les marchés pour être moins dépendant des Etats-Unis, auxquels le Mexique destine 80% de ses exportations.

Le Premier ministre nippon Shinzo Abe assurait que "le TPP sans les Etats-Unis n'aurait pas de sens". L'archipel s'attend à une hausse de 1,5% de son PIB grâce à ce traité, qui va augmenter les débouchés des entreprises nippones dans les pays signataires, alors que la Chine et la Corée du Sud, les deux autres puissances économiques régionales, sont exclues de l'accord.

Ludovic Subran, chef économiste chez l'assureur-crédit Euler Hermes, est toutefois dubitatif sur les retombées économiques du CPTPP.

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