Le mea culpa du magazine National Geographic pour ses reportages racistes

Reportages racistes: le mea culpa de National Geographic

Le magazine National Geographic fait amende honorable et reconnaît avoir publié des reportages racistes

C'est, à notre connaissance, une première dans l'histoire du journalisme: à l'heure de la commémoration du 50e anniversaire de l'assassinat de Martin Luther King, le magazine National Geographic a décidé de faire un numéro spécial sur la notion de " race " mais, avant toute chose, " de faire son examen de conscience avant de considérer de faire celui des autres.

La rédaction a donc demandé à un historien, John Edwin Mason, de se plonger dans les archives du magazine pour explorer cette problématique des "races" et de déterminer comment photos et articles en avaient rendu compte.

"Ce que M. Mason a découvert, c'est que jusque dans les années 1970, National Geographic ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux États-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d'ouvriers ou de domestiques", indique le magazine, qui a "très peu fait pour faire en sorte que ses lecteurs dépassent les stéréotypes de la culture blanche occidentale ". "Une ligne de couleur les séparait, et National Geographic était le reflet de cette vision du monde", explique John Edwin Mason.

Dans son numéro d'avril 2018, le magazine américain National Geographic a consacré un dossier sur la question raciale, avec en une la photo de jumelles britanniques, une blanche et une noire. Après 130 ans d'existence, le célèbre magazine National Geographic procède à un profond "examen de conscience" et reconnaît le racisme qui s'est glissé dans ses reportages au fil des décennies.

" Je suis le dixième rédacteur en chef de National Geographic depuis sa création en 1888 (...) Il m'est douloureux de partager cet affreux état de fait qui fait pourtant partie de l'histoire du magazine. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les natifs d'autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de sauvages anoblis, tout ce qu'il y a de plus cliché ", concède Susan Goldberg dans son édito.

Avant les années 70, "les Américains se faisaient des idées sur le monde au travers de films comme Tarzan et de caricatures racistes grossières", déclare John Edwin Mason. Et malheureusement, "National Geographic n'a pas organisé l'émancipation des préjugés que son autorité aurait permis d'organiser".

"Les voix des Noirs d'Afrique du Sud sont absentes".

"Dans les années 1950 et 1960, les adolescents pouvaient toujours compter sur National Geographic pour leur montrer des femmes aux seins nus, du moment que ces femmes avaient la peau foncée". Cette absence est aussi signifiante que tous les mots imprimés.

Autre exemple: un reportage écrit en 1916 en Australie. Les Noirs représentés sur les photos sont des ouvriers, des domestiques, ou des danseurs.

" Je souhaite que les prochains rédacteurs en chef de National Geographic puissent être fiers de l'histoire de ce magazine, pas seulement pour les reportages que nous aurons décidé de publier mais aussi pour la diversité de journalistes, rédacteurs et photographes qui les portent ", conclu Susan Goldberg.

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