Le ministre de l'Intérieur démissionne après le meurtre d'un journaliste — Slovaquie

Meurtre d'un journaliste: le ministre slovaque de l'Intérieur démissionne

Un ministre slovaque claque la porte peu après un assassinat suspect

C'est à ce même parti qu'appartient Robert Kalinak, qui a annoncé lors d'une conférence de presse qu'il démissionnait " du poste de ministre de l'Intérieur et du poste de vice-Premier ministre", dans une tentative de sauver l'exécutif en place. Sa décision pourrait permettre de survivre au gouvernement de coalition de Robert Fico. Un petit parti de la coalition au pouvoir Most-Hid ("Pont") veut réclamer des élections anticipées en réponse aux manifestations contre la corruption qui ont suivi la mort d'un journaliste.

" Je crois que par ce geste (de démission) je contribuerai à la stabilisation de la situation en Slovaquie ", a affirmé Robert Kalinak. La direction de Most-Hid devait se réunir lundi en début d'après-midi pour décider si le départ du ministre lui permet de continuer à faire partie de la coalition gouvernementale. Comme il supervise la police en tant que ministre de l'Intérieur, Kalinak ne peut garantir une enquête indépendante sur l'assassinat de Jan Kuciak et de sa fiancée, commis à la fin février, estiment ses adversaires politiques.

M. Kalinak a dit qu'il présenterait officiellement sa démission lorsqu'il aurait terminé ses activités en cours, sans donner de date précise. " Mon principal objectif est d'éclaircir le double meurtre". Cette solution a déjà été admise par un deuxième membre de la coalition, le Parti National Slovaque (SNS, nationaliste), mais fermement refusée par le parti à tendance social-démocrate Smer-SD du Premier ministre Robert Fico.

La Slovaquie est confrontée à une grave crise politique déclenchée par la mort en février du journaliste d'investigation Jan Kuciak, qui enquêtait sur des affaires de fraude impliquant des hommes d'affaires liés au monde politique et de sa compagne.

À Bratislava, la capitale de la Slovaquie, par exemple, 40 000 personnes s'étaient rassemblées, selon le quotidien SME, ce qui constituerait le plus grand rassemblement populaire dans ce pays depuis la Révolution de velours qui a scellé la chute du communisme en Tchécoslovaquie, en 1989. Le chef du gouvernement a ensuite été accusé à son tour par sa propre ministre de la Justice, une responsable de Most-Hid, de "faire appel aux plus bas instincts des gens avec des théories de complot".

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