La moitié des espèces menacées — Dérèglement climatique

Le climat menace une espèce sur deux

Le réchauffement climatique pourrait menace la moitié des espèces animales

De Madagascar à l'Amazonie et jusque dans les Grandes plaines américaines, le dérèglement climatique pourrait menacer entre un quart et la moitié des espèces d'ici 2080 dans 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité, selon un rapport paru mercredi.

A +4,5°C de réchauffement par rapport à la Révolution industrielle - horizon qui se dessine si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre -, 48% des espèces seront concernées.

Réalisée par le WWF et des chercheurs des universités d'East Anglia au Royaume-Uni et James-Cook en Australie, cette étude est la plus importante jamais produite, et les résultats sont alarmants.

Partout, le climat vient s'ajouter aux menaces pesant déjà sur la faune et la flore: urbanisation, perte d'habitats, braconnage, agriculture non soutenable.

Dans les zones étudiées, comme l'Amazonie, Bornéo ou l'Himalaya, les saisons aujourd'hui exceptionnellement chaudes devraient devenir la norme, parfois dès 2030, et même avec un réchauffement limité à +2°C. Pics de chaleur plus notables, moindres précipitations, sécheresses durables sont attendus en de nombreux endroits.

Plus de la moitié de la surface (56 %) de ces zones resterait vivable à +2°C. A 4,5°C, cette part pourrait tomber jusqu'à 18%: ce que le WWF appelle des zones "refuges". Les plantes sont d'abord plus affectées que les animaux, parce qu'elles sont plus lentes à évoluer et à s'adapter. Ce qui en retour pourra nuire aux animaux en dépendant. L'Amazonie et le plateau des Guyanes, par exemple, qui accueillent "près de 10% de toutes les espèces connues" sur Terre et "jouent un rôle crucial dans la régulation du climat à l'échelle mondiale" risquent ainsi de voir 43% des espèces de plantes et 47% des amphibiens disparaître localement dans un monde à +2°C, et respectivement 69% et 74% dans un monde à +4,5°C. Ce qui représenterait tout de même un risque d'extinction pour 25% de ces espèces, en l'absence de possibilité de dispersion - c'est-à-dire de déplacement vers des climats plus favorables - et de 20% si les espèces sont capables de se déplacer. Auront-elles, à l'arrivée, un endroit pour vivre?

En conclusion, le WWF préconise de mettre en place des mesures de protections locales, comme des " corridors biologiques", et de faire " des efforts bien plus importants pour garder la hausse des températures à leur minimum absolu ".

Si les gouvernements ne prennent pas d'engagements plus ambitieux et que la hausse de 3,2°C se confirme, le rapport prévoit des pertes de 36 % des espèces animales et végétales.

Extinction ne signifie pas juste disparition d'espèces, souligne l'organisation, " mais de profonds changements pour des écosystèmes rendant des services vitaux à des centaines de millions de personnes ".

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