" "La Turquie viole les droits de " centaines de milliers de personnes " — ONU

La Turquie utilise l'état d'urgence « pour étouffer toute forme de critique ou de dissidence », dénonce l'ONU

Le rapport de l'ONU sur les droits de l'Homme "biaisé" et "inacceptable" (Turquie)

"La prolongation de l'état d'urgence en Turquie a conduit à de " graves " violations des droits de " centaines de milliers de personnes", a accusé mardi un rapport de l'ONU, qualifié par Ankara de " biaisé " et " inacceptable ".

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, souligne dans son rapport le nombre " stupéfiant " de près de 160000 personnes arrêtées depuis le début de l'état d'urgence.

Le rapport fait état de cas de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires, de privation arbitraire du droit au travail, ou encore d'atteintes à la liberté d'association et d'expression.

L'état d'urgence a été déclaré par le président turc Recep Tayyip Erdogan après le coup d'Etat manqué de juillet 2016 qui a fait 250 morts.

"Des enseignants, des juges et des avocats renvoyés ou poursuivis, des journalistes arrêtés, des organes de presse fermés et des sites internet bloqués: à l'évidence, les états d'urgence successivement déclarés en Turquie ont été utilisés pour restreindre gravement et arbitrairement les droits d'un très grand nombre de personnes", déclare Zeid Ra'ad al Hussein.

Le Haut-Commissariat reconnaît " les défis complexes auxquels la Turquie a dû faire face pour répondre à la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 et à un certain nombre d'attentats terroristes ".

L'une des conclusions les plus alarmantes du rapport, selon M. Zeid, est " la manière dont les autorités turques auraient détenu une centaine de femmes enceintes ou venant d'accoucher, principalement au motif qu'elles étaient associées à leur mari, soupçonnés d'être liés à des organisations terroristes ". "C'est tout simplement scandaleux, tout à fait cruel, et cela ne peut certainement pas avoir quoi que ce soit à voir avec l'amélioration de la sécurité du pays", a-t-il asséné. Visée par un rapport au vitriol de l'Onu sur les violations des droits de l'Homme depuis 2016, Ankara a également été condamnée ce mardi par la Cour européenne des Droits de l'Homme pour la détention jugée illégale de deux journalistes. Une vingtaine de décrets ont été publiés depuis qui ont permis la torture de détenus et une ingérence dans les affaires de la justice, déplore le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dans un rapport.

Le document parle aussi de violations des droits de l'homme "massives" par les forces de l'ordre dans le sud-est de la Turquie, région à majorité kurde: meurtres, torture, usage excessif de la force.

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