Cambridge Analytica suspend son patron — Scandale Facebook

Manifestation de fonctionnaires contre la suppression de 120 000 fonctionnaires à Rennes, le 10 octobre 2017

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Cette affaire semble montrer que Facebook ne protège pas suffisamment les données de ses utilisateurs. Mais portent également le blâme sur l'ambitieux Zuckerberg. La commission fédérale du commerce des USA a déjà ouvert une enquête sur Facebook pour déterminer si la compagnie avait violé les règles d'utilisation des informations personnelles.

La question des données des utilisateurs de Facebook et de leur protection est sensible car elle est au cœur du modèle économique du réseau social, qui les monétise à des fins publicitaires. Tout aussi remarquable, est le fait que Facebook dispose de peu de moyens efficaces pour stopper l'utilisation abusive des données, à part ceux qui consistent à demander à ceux qui gèrent ces applications sur sa plate-forme de bien se tenir, sous peine d'être suspendus si la firme surprend leurs mauvais agissements. Les démocrates font pression dans ce sens, soulignant que ni Alexander Nix (CEO de Cambridge Analytica), ni Brad Parscale (responsable du numérique pour la campagne de Donald Trump) n'ont répondu à leurs sollicitations. "La participation aux élections conduit à la polirisation. Vous devenez le diable", résume Alexander Nix. En outre, la mise en place d'informations privées n'empêche pas Facebook d'utiliser ces informations même si elle prétend que vous pouvez le contrôler elle ne s'applique qu'aux informations obtenues en dehors de Facebook et l'entreprise peut toujours utiliser ses propres informations sur un utilisateur pour cibler les publicités.

Quels sont les faits reprochés à Cambridge Analytica et à Facebook? Le réseau social, grâce à sa force de frappe, permettait de toucher facilement une large audience et de faire connaître ses contenus autrement.

L'affaire a rebondi au Congrès américain, où plusieurs commissions ont demandé des comptes. Ainsi, le candidat républicain à la présidence Ted Cruz et l'ancien ambassadeur américain à l'Onu John Bolton ont eu recours à ses services. Ensuite, les applications perdront leur droit aux informations des utilisateurs si elles ne sont pas utilisées depuis 3 mois. Ces informations ont servi à mieux choisir qui était ciblé par les fake news et par la machine de guerre politique qu'est le média Breitbart News, du milliardaire Robert Mercer.

Steve Bannon a été proche conseiller de Donald Trump, avant d'être évincé de la Maison-Blanche à l'été 2017. Toutes les parties impliquées - SCL Group, Cambridge Analytica mais aussi Christopher Wylie (qui a lancé l'alerte, ndlr) et Aleksandr Kogan - nous ont certifié que les données avaient été détruites. Il a expliqué au journal britannique avoir créé une "arme psychologique" à la demande de Bannon. Les États-Unis et l'Europe somment la société de fournir des éclaircissements. De plus, la société a tenté de remporter des appels d'offres du Pentagone. Des idées sur la société et l'économie du pays affichées, voire martelées. Et ce après des tensions vives concernant la stratégie, selon le New York Times.

Le travail d'investigation de mes confrères confirme tout un tas d'éléments sur lesquels je m'étais penché en tournant Unfair Game: Comment Trump a manipulé l'Amérique, après l'élection présidentielle de 2016. "Mais j'aimerais en voir plus", indique-t-elle. Il est en même temps chercheur associé à l'université de Saint-Pétersbourg.

"Notre cliente a constaté une énorme augmentation des messages politiques pendant la campagne (présidentielle de 2016) sur sa page Facebook, ce qu'elle n'avait jamais vu avant", a déclaré son avocat.

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