Enquête libyenne: Nicolas Sarkozy va faire appel de son contrôle judiciaire

L'avocat de Nicolas Sarkozy Thierry Herzog arrive au domicile de son client le 22 mars 2018 à Paris

Enquête libyenne: Nicolas Sarkozy va faire appel de son contrôle judiciaire

L'ancien président français dément toutes les accusations dont il fait l'objet. Placé cette fois sous contrôle judiciaire, l'ancien président risque la prison si les charges retenues contre lui sont avérées.

" Depuis le 11 mars 2011, je vis l'enfer de cette calomnie ", a-t-il ajouté".

"Au lendemain de sa mise en examen dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de financement par des fonds libyens de sa campagne électorale victorieuse de 2007, l'ancien président français Nicolas Sarkozy s'est expliqué hier soir lors d'une interview au journal télévisé de 20h00 de la chaîne TF1, à une heure de grande écoute". "C'est trop grave", a dit l'ex-chef de l'Etat.

Ziad Takieddine a lui-même assuré avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d'euros venant du régime de Kadhafi à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet, Claude Guéant.

Dans cette affaire, qui a émergé en 2012 après la publication par Mediapart d'une note laissant penser à un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, l'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. "Je dois aux Français la vérité, je n'ai jamais trahi leur confiance", a-t-il déclaré. Ce qui a laissé certains quotidiens penser que cette affaire "dessert l'image du pays" et "tourne en ridicule notre image de donneurs de leçons".

Déjà renvoyé en correctionnelle pour "financement illégal de campagne" dans l'affaire Bygmalion et mis en examen pour "corruption", "trafic d'influence" et "recel de violation du secret professionnel" dans le dossier "Bismuth", voilà donc Nicolas Sarkozy officiellement empêtré dans un nouveau dossier.

Quels sont les nouveaux éléments rassemblés par les magistrats pouvant mettre directement en cause l'ancien chef de l'Etat? "Des témoins libyens ont dit que de telles sommes ne pouvaient pas sortir sans qu'il y ait la moindre preuve", a-t-il ajouté, en rappelant que "Kadhafi avait l'habitude de tout enregistrer, de tout photographier, c'était un fou, un illuminé qui, certainement, consommait des produits stupéfiants, peu importe: il n'y a pas la moindre preuve, il n'y a pas le moindre élément il y a pas le plus petit commencement d'une preuve". "Mais si, comme je ne cesse de le proclamer (.) c'est une manipulation du dictateur Kadhafi ou de sa bande ou de ses affidés, dont Takieddine fait à l'évidence partie, alors je demande aux magistrats que vous êtes de mesurer (.) la violence de l'injustice qui me serait faite".

Ce rebondissement dans la saga judiciaire de Nicolas Sarkozy, encore influent à droite, bien qu'il ait officiellement pris sa retraite politique après sa candidature avortée à la présidentielle de 2017, a mis en émoi son ancien camp. Mais les ténors des Républicains, héritiers de son parti, l'UMP, ne se sont pas bousculées jeudi pour commenter sa mise en examen ou s'en sont tenus à des propos prudents. Que risque Nicolas Sarkozy?

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