La souffrance des électrosensibles enfin reconnue — Ondes

Un téléphone portable avec ses applications le 22 mars 2018 à Manchester United

Un téléphone portable avec ses applications

L'Agence recommande également de développer la formation des professionnels de santé sur la problématique de l'électrohypersensibilité, la formation des acteurs sociaux à l'accueil et à l'écoute des personnes se déclarant électrohypersensibles, ainsi qu'à la prise en compte, dans leurs pratiques, de leurs questions et de leurs attentes, et de favoriser la coordination entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.

L'électrosensibilité ou EHS (ElectroHyperSensibilité) est une sensibilité aux champs électromagnétiques produits par des les antennes-relais, les téléphones portables ou encore le Wi-Fi. Les symptômes observés sont très variés et aspécifiques (troubles du sommeil, maux de tête, vertiges, nausées, démangeaisons, irritabilité, crise d'angoisse, acouphènes, douleurs cervicales...).

Les électrosensibles souffrent et doivent être pris en charge, même s'il n'existe pas aujourd'hui de "preuve" de lien entre ce syndrome controversé et l'exposition aux ondes électromagnétiques, estime un rapport de l'agence sanitaire Anses salué comme une avancée par des associations. Tout d'abord, il n'existe pas, à ce jour, de critères de diagnostic de l'EHS validés, et il résulte de l'expertise que la seule possibilité pour définir l'EHS repose sur l'auto-déclaration des personnes. L'effet nocebo, à l'inverse du placebo, est causé par la suggestion ou la crainte que l'exposition à un médicament ou à des facteurs environnementaux est nuisible.

L'Agence recommande donc une prise en charge adaptée.

"C'est une avancée. On ne parle plus d'un effet nocebo exclusif", a indiqué à l'AFP le président de l'association Robin des Toits, Pierre-Marie Theveniaud, avant d'avoir pris connaissance de l'intégralité du rapport.

Les personnes qui se déclarent électrosensibles souffrent parfois d'un "isolement psycho-social", notamment lorsqu'elles déménagent dans des zones rurales isolées afin de limiter le plus possible l'exposition aux ondes.

Cette expertise, publiée ce jour est basée sur l'analyse de la littérature scientifique et un grand nombre d'auditions (médecins hospitaliers et généralistes, chercheurs, associations et personnes concernées).

"C'est un pas dans la bonne direction". Un pas que ne franchit pas l'Anses.

Les études de "provocation", qui soumettent les sujets aux ondes en laboratoire, ne mettent pas en évidence l'apparition de symptômes ni de capacité des électrosensibles à percevoir les champs magnétiques. "Ça ne veut pas dire qu'un jour on ne découvre pas un tel lien" ajoute Olivier Merckel.

Le rapport de l'Anses plaide donc pour que de nouvelles recherches soient menées. Mais pour Pierre-Marie Theveniaud, il faudrait "diminuer les niveaux d'exposition" aux ondes de la population de manière générale. "Ce qu'on vit à l'heure actuelle n'est rien par rapport à ce qui se prépare, avec la 5G, on va être inondés d'ondes", s'inquiète-t-il, réclamant des études d'impact sanitaire avant le déploiement de la cinquième génération de téléphonie mobile.

- en pérennisant le financement de l'effort de recherche sur les effets sanitaires des radiofréquences.

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