Un adieu en musique — Jacques Higelin

Arthur H, Kên et Izïa, leur dernier adieu à leur père Jacques Higelin

Obsèques de Jacques Higelin: Alain Souchon, Catherine Ringer, Cali, Jean-Louis Aubert... étaient présents

C'est un enterrement en chansons, et l'ambiance est inhabituelle parmi les tombes du cimetière du Père-Lachaise, ce jeudi 12 avril, à Paris. Ainsi que quelques milliers d'autres, des amis plus que des fans, comme l'avait souligné quelques minutes auparavant l'écrivain Jacques A. Bertrand. Pendant que la famille et les amis proches s'installaient sous les tentes, non loin de la statue du président Casimir-Perier qui trône dans la partie encore basse du cimetière, il fallait entendre ces anonymes crier des " Amoureux! Des dizaines de ballons multicolores faisaient une drôle de farandole au-dessus des parapluies. Avant la célébration de ses obsèques au Père-Lachaise. Tête en l'air, Le parc Montsouris et quelques autres. Une cérémonie à laquelle tous ses fans ont été conviés. Dessous, l'inscription avec ses trois prénoms "Jacques, Joseph, Victor dort", référence au titre de la série de concerts qu'il proposa du 14 décembre 1981 au 13 février 1982 au Cirque d'hiver.

C'est le silence total quand arrive, au centre de la piste, son cercueil. "Puis la sono a diffusé un dialogue entre le baladin et Jean-Louis Foulquier, le fondateur des Francofolies". "Rien ne m'empêchera de chanter", promet dans cette interview l'enchanteur Higelin. Ont ensuite défilé Daniel Auteuil, lisant une lettre adressée au chanteur par Barbara, Sandrine Bonnaire, qui lui avait consacré récemment un documentaire, récitant avec une intense émotion un texte. L'atmosphère se détend quand Jeanne Cherhal reprend Tombé du ciel. Izia, la digne fille de Jacques Higelin, mène la danse. Lui, aimait la vie passionnément, à la folie, et c'est son fils Arthur, dit Arthur H, qui lance la dernière chanson: Pars. Elle n'avait pas le courage de parler. La chanteuse Camille, toute de vert vêtue, a repris une des premières chansons d'Higelin, " Tiens j'ai dit tiens ", répétant la phrase sur tous les tons, en tournant autour du cercueil, tel un rite païen. Ken, le troisième enfant, au bord des larmes, viendra pour sa part confier qu'"il y a une phrase qui (le) hante depuis tout petit: "ne pleurez pas les morts, pleurez les vivants"'". C'était touchant, émouvant, stimulant, comme il l'a toujours été.

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