L'Onu rejette la proposition russe de condamnation des frappes en Syrie

Des manifestants brandissent des drapeaux syriens et des portraits du président Bachar Al-Assad

La Russie exige une réunion d'urgence à l'ONU après les frappes en Syrie

"En tant que secrétaire général des Nations unies, il est de mon devoir de rappeler aux Etats membres qu'il y a une obligation, en particulier lorsqu'on traite les questions de paix et de sécurité, d'agir conformément à la Charte des Nations unies et au droit international en général", a indiqué M. Guterres lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité demandée par la Russie.

Le projet de texte russe, de cinq paragraphes, dénonçait la survenance des frappes occidentales tôt le matin du 14 avril alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouvait justement en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma. Le Conseil de sécurité a la responsabilité principale quant au maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Dans le domaine de l'aide humanitaire, le texte commence par réclamer qu'un "cessez-le-feu durable" soit instauré et que tous les États membres usent de leur influence pour son application. "La solution doit être politique, par le biais des négociations intra-syriennes de Genève", a-t-il poursuivi.

Ces négociations, au point mort, doivent porter sur la gouvernance, la question constitutionnelle, les élections, le contre-terrorisme et des mesures de confiance.

Le projet de texte réclame enfin au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, de rendre compte de son application dans les 15 jours suivant son adoption.

C'est la première fois qu'un texte regroupant les aspects chimique, humanitaire et politique du conflit vieux de plus de sept ans est proposé au Conseil de sécurité.

L'avenir du projet de texte réside notamment dans une "revitalisation" à l'ONU du groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), explique à l'AFP un diplomate occidental. "Vos agressions aggravent la situation humanitaire" en Syrie, a-t-il lancé, accusant Washington, Londres et Paris d'avoir "foulé au pied la charte de l'ONU".

Selon le ministère russe de la Défense, "plus de 100 missiles de croisière et missiles air-surface ont été tirés sur des objectifs syriens militaires et civils".

Malgré ces frappes, l'armée syrienne a annoncé samedi avoir repris intégralement l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas après l'évacuation des derniers insurgés de la ville de Douma, au terme d'une offensive dévastatrice de près de deux mois.

Dernières nouvelles