Le Pentagone dit avoir "frappé avec succès" toutes ses cibles en Syrie

Emmanuel Macron a en outre affirmé avoir convaincu Donald Trump, qui avait manifesté sa volonté de retirer les troupes américaines de Syrie, de "rester dans la durée".

La Syrie a bouleversé le menu: Emmanuel Macron va pouvoir expliquer sa décision d'intervenir aux côtés de Washington et Londres, dimanche soir lors d'une nouvelle séquence médiatique sur BFMTV et Mediapart, près d'un an après son élection.

La mission d'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye, est arrivée à Damas samedi, en pleine poussée de tension entre les Occidentaux et le régime syrien allié à la Russie.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, une semaine après l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma, imputée aux forces gouvernementales. De nombreuses sources ont en outre rapporté que, malgré son feu vert pour le lancement de l'opération en réponse à l'attaque chimique présumée à Douma, le locataire de la Maison-Blanche n'avait pas pour autant défini une ligne directrice stratégique sur le dossier syrien.

Après cet épisode aussi spectaculaire que bref, France, Etats-Unis et Royaume-Uni entendent désormais relancer la diplomatie.

Les chefs d'état réunis à Dhahran en Arabie Saoudite à l'occasion du sommet de la ligue arabe ont condamné l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

"S'ils (les alliés) connaissaient les emplacements de supposés centres consacrés aux armes chimiques, pourquoi n'en ont-ils pas fait part à l'OIAC au lieu d'attaquer mon pays?", a insisté l'ambassadeur syrien, affirmant que le site de recherche bombardé à Barzeh avait été inspecté à deux reprises par l'OIAC en 2017, et que l'Organisation n'y avait trouvé aucune preuve de la présence d'armes chimiques, ni d'aucun outil permettant de les fabriquer.

Le Pentagone a réfuté une déclaration de l'armée russe selon laquelle la défense antiaérienne syrienne a intercepté 71 missiles sur 103, dénonçant une "campagne de désinformation russe ". La France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont remis samedi un projet de résolution au Conseil de sécurité devant être examiné aujourd'hui et demandant un " cessez-le-feu durable", " un accès humanitaire sans restriction", et la création d'" un mécanisme indépendant, basé sur des principes d'impartialité et de professionnalisme " pour enquêter et désigner les auteurs d'attaques chimiques. Mais il est tout aussi légitime de s'interroger sur l'incapacité occidentale à peser durablement sur le cours des événements en Syrie: le régime Assad se gardera juste d'avoir recours dans un avenir proche à l'arme chimique, tout en utilisant à plein, au service de sa propagande, une " agression " somme toute relative.

Des manifestants pro-Assad et contre les frappes américaines dans les rues des Damas. Au lever du soleil, plusieurs dizaines d'entre eux se sont rassemblés sur l'emblématique place des Omeyyades, au son de klaxons et de musiques patriotiques, arborant des drapeaux syriens, chantant et dansant à la gloire de Bachar al-Assad.

A Damas, les frappes ont galvanisé les partisans du régime.

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