"Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire", dit Emmanuel Macron — Syrie

LUDOVIC MARIN via Getty Images                       Emmanuel Macron à l'Elysée le 13 avril 2018

LUDOVIC MARIN via Getty Images Emmanuel Macron à l'Elysée le 13 avril 2018

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi que la France participait à l'opération avec les Etats-Unis et le Royaume Uni en Syrie car Paris et ses alliés ne peuvent "tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques". Douze missiles de croisière ont été tirés par l'armée française contre deux sites participant à l'arsenal chimique du régime syrien, un site de stockage et un site de production, situés dans la région de Homs. Changement d'ambiance après l'interview d'Emmanuel Macron par Jean-Pierre Pernaut.

"La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie". Et ce au moment où son régime est en passe de remporter la guerre contre les rebelles et où une des priorités affichées par Paris est la lutte contre l'organisation jihadiste de l'Etat islamique, dont certains membres sont actifs en Syrie.

L'opération militaire française menée dans la nuit de vendredi à samedi en Syrie a notamment impliqué cinq frégates, cinq Rafale et quatre Mirage 2000.

Mais pour Christophe Castaner, patron du parti macronien La République en marche (LREM) "la France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie". La ministre a diffusé une vidéo montrant des Rafale décoller dans la nuit pour aller mener les frappes.

Ils n'ont pas précisé quels moyens militaires avaient été mobilisés pour cette opération qui est "circonscrite aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques", selon l'Elysée.

Le chef de l'Etat annonce aussi que, conformément à la Constitution, "le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d'intervention de nos forces armées à l'étranger".

Le secrétaire britannique à la Défense, Gavin Williamson, a annoncé que la Première ministre Theresa May informerait le Parlement britannique lundi.

"Le Royaume-Uni devrait jouer un rôle de leader dans la recherche d'un cessez-le-feu dans ce conflit et non recevoir des instructions de Washington pour mettre les soldats britanniques en danger", a ainsi réagi le leader de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn.

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé son soutien pour ce qu'elle a considérécomme une mesure "nécessaire et appropriée". Une position diversement perçue par les responsables politiques français de tout bord.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a condamné les frappes coordonnées occidentales en Syrie.

Paris estime que malgré l'absence d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU l'autorisant, cette opération est "légitime", selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

La ministre de la Défense, Florence Parly, a indiqué que les Russes "avaient été prévenus en amont" pour éviter tout risque d'escalade militaire.

"Bien sûr qu'ils sont complices, ils n'ont pas eux utilisé le chlore mais ils ont construit méthodiquement l'incapacité de la communauté internationale par la voie diplomatique à empêcher l'utilisation d'arme chimique", a-t-il souligné.

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