Plus de 300 000 personnes défilent contre la détention d'indépendantistes — Catalogne

Manifestation de soutien aux leaders indépendantistes catalans emprisonnés le 15 avril 2018 à Barcelone

Manifestation de soutien aux leaders indépendantistes catalans emprisonnés le 15 avril 2018

Dimanche 15 avril, les partisans de l'indépendance de la Catalogne ont défilé pour réclamer la remise en liberté des dirigeants indépendantistes incarcérés par la justice espagnole.

"Comme ils ne peuvent pas décapiter l'indépendantisme - comme l'avait souhaité la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria - ils essaient de le faire par la voie judiciaire", affirmait la manifestante Roser Urgelles, une institutrice de 59 ans.

" Ils ont besoin de démontrer qu'il y a eu violence pour exécuter les peines qu'ils veulent, alors ils l'inventent, mais nous continuerons à manifester pacifiquement", ajoute-t-elle.

"Dans un entretien à la chaîne de télévision catalane TV3 enregistré à Berlin et diffusé dimanche soir, l'ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont a estimé qu'il fallait éviter de nouvelles élections régionales".

"Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (...) et à dire qu'il faut donner une solution démocratique à ce conflit", ont clamé sur scène des acteurs catalans chargés de lire le manifeste des organisateurs, une plateforme d'associations et syndicats créée en mars pour "défendre les institutions catalanes" et "les droits et libertés fondamentales" des citoyens. "Il y a eu des tensions (parmi les syndiqués) comme dans l'ensemble de la société catalane", a admis samedi le secrétaire général de l'UGT en Catalogne, Camil Ros.

Près de 350.000 manifestants se sont réunis, portant pour beaucoup d'entre eux les couleurs rouge et jaune de la Catalogne après le refus cette semaine de la Cour suprême de libérer sous caution Jordi Sanchez, à qui les indépendantistes souhaitaient confier la présidence de la région.

Des manifestants ont également scandé "Puigdemont, président", dix jours après la remise en liberté de l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, en Allemagne.

Cependant, des magistrats espagnols ont transmis jeudi des éléments à leurs homologues allemands, afin d'accréditer l'existence "de violences justifiant la rébellion". Incarcérés avant la vaine proclamation d'une " République catalane " le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche vers l'indépendance.

M. Puigdemont est également accusé de détournement de fonds publics, en lien avec l'organisation du référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre.

Élu député catalan alors qu'il était détenu, Jordi Sanchez a été proposé par deux fois comme candidat à la présidence régionale, mais le juge a refusé de le laisser sortir de prison pour être investi.

"J'ai participé à toutes les manifestations et n'ai jamais vu une once de violence sauf celle de la police quand elle a réprimé le référendum", soutenait un manifestant, le retraité Juan José Cabrero, ancien transporteur de 74 ans.

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