Iran : la France veut protéger ses entreprises des sanctions américaines

PSA ESPÈRE QUE L'UE SE DISTINGUERA DE TRUMP SUR L'IRAN

Sortie de l'accord sur le nucléaire : ce que risquent les groupes étrangers présents en Iran

Airbus, Siemens, Total, PSA, Fincantieri: de nombreuses multinationales se sont empressées de lancer des projets, malgré les difficultés de financement qui demeurent avec ce pays. Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a d'ailleurs fait savoir que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats, précisant que les entreprises déjà engagées en Iran auraient quelques mois pour en sortir.

Le département du Trésor a indiqué prévoir un délai allant de 90 à 180 jours pour permettre aux entreprises de rompre leurs engagements avec Téhéran avant que les sanctions ne prennent effet, laissant le temps aux pays signataires de négocier d'éventuels ajustements.

Outre les avionneurs américain Boeing et européen Airbus, le conglomérat industriel General Electric, les constructeurs automobiles allemand Volkswagen et franco-japonais Renault-Nissan pourraient être touchés alors que les responsables américains ont insisté pour que les entreprises européennes se conforment aussi au rétablissement des sanctions. En janvier 2016, l'avionneur avait annoncé une mégacommande iranienne portant sur plus d'une centaine d'appareils, dont le fameux A320neo. L'AFP précise que "l'avionneur a des usines aux États-Unis, et un nombre important de pièces installées dans ses appareils sont fabriquées sur le sol américain, ce qui soumet automatiquement Airbus aux sanctions américaines ".

Au-delà, les entreprises présentes en Iran pourront théoriquement se voir appliquer le principe d'extraterritorialité, qui permet à la justice américaine de poursuivre et sanctionner les entités traitant avec des pays sous embargo dès lors qu'elles sont présentes aux Etats-Unis, font des transactions en dollars, ou avec des banques américaines. Son compatriote PSA est quant à lui déjà bien implanté en Iran, où il a une part de marché de 30%.

Il en est de même pour le major pétrolier français Total qui s'est associé au groupe chinois CNPC avec un investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter le gisement South Pars.

De son côté, l'Élysée a affirmé que les Européens allaient "tout faire pour protéger les intérêts " de leurs entreprises en Iran, "en intervenant auprès de l'administration américaine " au niveau de l'Union européenne.

"Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l'accord".

C'est une décision qui aura des conséquences, y compris pour Airbus. Le ministre a observé que cette décision aurait des " conséquences " pour les entreprises françaises, telles que Total, Sanofi, Renault, ou encore Peugeot.

Pour les sociétés françaises et européennes qui ont des intérêts aux États-Unis, il est impossible d'échapper à ce gendarme du monde.

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