Mort de Naomi Musenga. Menacés, des agents du Samu portent plainte

L'opératrice du Samu qui avait raillé en décembre au téléphone une jeune femme décédée quelques heures plus tard à l'hôpital de Strasbourg a été suspendue le 9 mai 2018

SAMU de Strasbourg. mort de Naomi, quelles responsabilités

"C'est facile de choisir ses organisations syndicales", a critiqué Christian Prudhomme, secrétaire général de FO aux HUS, craignant que les participants ne se mettent d'accord pour faire porter la responsabilité seulement sur l'opératrice du Samu. "Ensuite, elle a travaillé deux jours consécutifs, et elle était sur la fin de son cycle de trois jours le 29 décembre.", a-t-il ajouté.

"On s'est moqué de nous comme on s'est moqué de ma fille " Refusant d'ériger l'opératrice du Samu qui avait pris l'appel de leur fille en bouc émissaire, les parents de Naomi ont critiqué l'attitude des autorités de santé qui les ont "laissés dans la débrouille totale " après la mort de leur fille. "C'est notre première préoccupation pour cet enfant qui était aimé de tous. Qui sont-elles? [.] Je veux savoir pourquoi elle a fait ça?", s'interroge aussi la mère de Naomi, Bablyne Musenga. Elle révèle que la jeune femme a succombé à des défaillances multiviscérales, sans que l'on en connaisse l'origine.

Sur France Bleu Alsace, Sylvain Poirel, délégué CGT des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), a indiqué que vendredi "quatre agents ont été menacés directement sur les réseaux sociaux et une sur les quatre n'a pas pu rentrer chez elle par crainte de représailles d'individus présents sur le lieu de son domicile". Son autopsie n'a été réalisée que le 3 janvier et son corps montrait des signes de putréfaction, selon le rapport.

"Ce que l'on souhaiterait, c'est qu'au-delà de l'enquête préliminaire, il y ait une information judiciaire qui soit ouverte", avait souligné Me Aachour.

Suite à un appel jugé non sérieux par le Samu, Naomi Musenga, jeune maman âgée de 22 ans, est décédée. Depuis la médiatisation de la mort de Naomi Musenga, ce sont plusieurs services partout en France qui sont la cible de reproches. On nous dit c'est comme ça et puis voilà. On entend également les échanges qui précèdent, quand l'opératrice qui régule les appels du Samu et une femme du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers se moquent de la malade. Ces personnes ne sont pas des médecins. "Mais dans cette affaire, le problème, c'est que l'appel n'a pas été transmis à ce médecin".

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