La mort d'un étudiant après de violentes manifestations embrase les universités — Sénégal

Manifestation des étudiants au Sénégal

Sénégal : un étudiant tué dans des affrontements avec les gendarmes

A l'origine, une protestation des étudiants de l'université Gaston Berger, suite à la mort d'un des leurs.

Les deux derniers cas de décès d'étudiants tués dans le pays lors de confrontations avec les forces de l'ordre remontent à 2001 et 2014, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

A l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord), d'où sont partis les troubles mardi, les étudiants ont organisé une procession jusqu'au lieu où est tombé, selon eux, l'étudiant tué lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, où ils ont observé un moment de prière, selon un correspondant de l'AFP. Dans l'université, divers débris jonchaient le sol au milieu de documents administratifs vandalisés, de portes et vitres brisées, après le passage des étudiants.

A Ziguinchor (sud), la plus grande ville de Casamance, des étudiants ont également affronté la police, qui a là aussi fait usage de gaz lacrymogène, a affirmé à l'AFP une source policière.

En signe de solidarité, des étudiants ont manifesté dans au moins quatre des cinq universités publiques du Sénégal. À Dakar, en fin d'après-midi, des barricades de blocs de pierre et de branchages étaient tenues par quelques centaines d'étudiants sur les chaussées menant à l'Université Cheikh Anta Diop.

Entreprise sans conteste anormale, qui interpelle les agents de la gendarmerie de Saint-Louis.

En dehors de l'université, des étudiants ont caillassé une maison dont qui appartiendrait au ministre de l'Enseignement supérieur, Marytew Niane, originaire de la région de Saint-Louis.

Le ministre sénégalais de l'intérieur, quant à lui a traduit son regret face à l'incident avant de rassurer " des enquêtes seront normalement menées pour situer les responsabilités ".

Les autorités avaient fait appel lundi aux forces de l'ordre "pour sécuriser les restaurants universitaires" après "un mot d'ordre de 48 heures de restauration gratuite (Journées sans tickets)" lancé par l'association des étudiants de l'UGB "pour protester contre le retard du paiement des bourses", selon le rectorat de la deuxième université du pays.

"Les étudiants de ce pays, avant de percevoir leurs bourses, inhalent d'abord du gaz ou perdent la vie", a dénoncé dans un message sur Whatsapp un étudiant en colère.

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