La Corée du Nord menace d'annuler le sommet avec Trump

Bolton : Washington reste intransigeant sur l'objectif de dénucléarisation de Pyongyang

Un scénario libyen pour la Corée du Nord? Trump s'exprime

Dans la soirée du 10 mai, quelques heures après que Trump a proclamé que sa rencontre avec Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen, aurait lieu le 12 juin à Singapour, le Pentagone et le ministère de l'Énergie ont dévoilé leur projet de mise au point de composants essentiels pour des armes nucléaires de nouvelle génération sur le site de Savannah River (SRS), en Caroline du Sud.

Il s'agit d'un retour frappant à la rhétorique traditionnelle de la Corée du Nord après des mois de rapprochement diplomatique sur la péninsule. "Si les Etats-Unis tentent de nous mettre au pied du mur pour nous forcer à un renoncement nucléaire unilatéral, nous ne serions plus intéressés par un tel dialogue", a-t-il lancé.

"À moins que la situation préoccupante qui a aboutit à la suspension des discussions nord-sud au plus haut niveau ne soit réglée, il ne sera pas facile de nous asseoir face à face avec le régime actuel en Corée du Sud", a déclaré jeudi le négociateur principal nord-coréen, Ri Son Gwon, cité par l'agence officielle KCNA.

Mais pour l'heure, celle-ci n'a pas rendu publiques les concessions qu'elle propose, hormis des engagements envers la dénucléarisation de la "péninsule coréenne", une formule sujette à interprétation. Et de souligner que son pays ne reculerait pas d'un pas devant l'objectif de cette rencontre: la dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible (CVID) " du pays communiste.

"Le modèle de la Libye était très différent".

Le Nord justifie de longue date ses armes nucléaires par la menace d'invasion américaine.

Lors d'un sommet rarissime le mois dernier dans la zone démilitarisée, M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in ont promis de chercher à conclure un traité de paix mettant formellement fin au conflit et ils ont réaffirmé leur engagement pour la "dénucléarisation totale" de la péninsule.

"C'est une tactique diplomatique", a déclaré à l'AFP Kim Hyun-wook, professeur à l'Académie diplomatique nationale de Corée.

Pour Joshua Pollock, de l'Institut Middlebury des études internationales, le Nord a été irrité par le ton "triomphaliste" de Washington.

Pyongyang a passé des années à constituer son arsenal nucléaire, menant l'année dernière son sixième essai atomique, le plus puissant à ce jour, et tirant des missiles capables d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis. Ses ambitions militaires lui ont valu de multiples salves de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

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