En direct : l'Ukraine annonce qu'Arkadi Babtchenko, le journaliste russe, est bien vivant

Donné mort ce matin, le célèbre journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko est en fait vivant. Celui-ci a annoncé avoir déjoué un complot et empêché le meurtre. "Selon les informations reçues par le SBU, le meurtre du journaliste russe Arkadi Babtchenko a été commandité par les services spéciaux russes", avait même accusé mercredi Vassyl Grytsak, lors d'une conférence de presse conjointe avec le procureur général. Il a fui la Russie début 2017 à la suite de menaces de mort, après avoir écrit qu'il ne regrettait pas le décès de militaires russes tués dans l'accident de leur avion de transport en 2016.

Les autorités ukrainiennes avaient fait croire mardi que M. Babtchenko avait été tué par balles en rentrant à son appartement. "Je suis sûr que la machine totalitaire russe ne lui a pas pardonné son honnêteté", avait renchéri le chef du gouvernement de Kiev, Volodymyr Groïssman.

Alors qu'on croyait encore à la mort de Babtchenko, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait dénoncé le "cynisme" et le "fanatisme antirusse" des dirigeants ukrainiens, en demandant "une enquête approfondie et objective".

Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a estimé qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions" mais relevé "une similarité étonnante dans les méthodes que la Russie utilise pour provoquer une déstabilisation politique". Exilé en Ukraine, il est apparu devant la presse à Kiev. Il avait dénoncé le rôle de la Russie, appuyant la thèse de Kiev et des Occidentaux selon laquelle elle soutient militairement les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti. Il y animait une émission pour la chaîne de télévision ATR qui diffuse notamment en langue tarare, cette minorité très présente en Crimée et persécutée par les autorités russes. Il avait à plusieurs reprises dit craindre pour sa vie.

Trois opposants russes ont été tués à Kiev en deux ans. "Les crimes sanglants et l'impunité totale sont devenus une routine pour le régime de Kiev", a dénoncé le ministère russe des Affaires étrangères sur sa page officielle. L'assassinat de ce reporter russe respecté, très virulent à l'encontre du Kremlin, et qui s'était réfugié en Ukraine, est le fruit du "régime de Poutine qui vise ceux qu'il ne peut pas casser ou intimider", avait lancé le député Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur.

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