France 4 supprimée, lois en projet pour 2019 — Audiovisuel public

La présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte à La Rochelle le 15 septembre 2017

La présidente du groupe France Télévisions Delphine Ernotte à La Rochelle le 15 septembre 20171/3

A l'avenir, la Trois devra se recentrer sur sa mission de proximité dans les régions.

La chaîne jeunesse de France Télévisions, France 4, ne sera plus diffusée sur la TNT.

Elle préfère miser sur "un nouveau média générationnel" à destination des "15-30 ans" réalisé par les six sociétés de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, l'INA, TV5 Monde et Arte).

France 3, qui diffuse actuellement deux heures de décrochages régionaux par jour, devra se recentrer sur la proximité. "La télévision ne représente plus que les deux tiers de la consommation de vidéos des jeunes (contre 24% pour YouTube et Facebook) et cette part diminue rapidement", argue le ministère de la Culture pour illustrer l'inadéquation entre la chaîne et son public.

Françoise Nyssen a confirmé le cap fixé aux entreprises du secteur: "les synergies entre sociétés vont se développer, pour permettre à l'audiovisuel public d'innover, de gagner en performance et en visibilité". "Il faudra interroger nos concitoyens d'outre-mer et leurs élus pour déterminer si l'avenir est au maintien de France Ô sur le canal hertzien ou au contraire au renforcement des offres numériques des Outre-Mer Premières", a déclaré la ministre.

La ministre confirme également deux projets de plateformes en ligne, qui regrouperont des contenus issus des groupes de l'audiovisuel public: la première, dédiée à la culture, sera lancée "fin juin", et la seconde ciblera la jeunesse. "Avec une présidence non exécutive et des directeurs exécutifs, ça permet déjà d'avancer avec plus de synergie". Ce lundi, Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, a précisé que l'offre pour enfants allait être refondue autour "d'une marque unique", "une offre délinéarisée (à la demande, ndlr) et ambitieuse, sécurisée et sans publicité" tout en indiquant que des programmes pour enfants seraient maintenus sur les autres chaînes.

Le projet de réforme suscite l'inquiétude parmi les salariés, échaudés par les propos rapportés - puis démentis - du chef de l'Etat sur un audiovisuel public "honte de la République". Sur Franceinfo, la chaîne d'information en continu nouvellement créée par France Télévisions, on se prend à rêver. Notons toutefois que rien n'est fait puisque la mise à disposition d'un canal laissé vacant doit répondre à un appel d'offre et il n'est pas encore dit que France Télévisions souhaite se battre pour récupérer le canal 14.

Le budget du numérique sera augmenté de 150 millions d'euros d'ici 2022 tandis que celui dédié à la création - soit 560 millions d'euros toutes entités confondues - sera sanctuarisé.

La ministre de la Culture présente, ce lundi matin, la réforme de l'audiovisuel voulue par le gouvernement. De plus, l'épineuse question de la gouvernance de l'audiovisuel français (nommée par l'exécutif à l'heure actuelle) n'a pas été évoquée outre mesure.

"Nous nous sommes concentrés sur la transformation de l'offre parce que c'est ce qui concerne le public aujourd'hui". Elle promet toutefois que la gouvernance de l'audiovisuel fait partie des chantiers de l'an prochain.

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