Trump: "J'ai le droit absolu de me gracier"

Donald Trump

Donald Trump. Image AFP

Dans un tweet matinal, le président américain Donald Trump rappelle son "droit absolu" à s'appliquer la grâce présidentielle, concernant l'enquête sur l'ingérence russe. "Nos souvenirs ne cessent de changer" et doivent parfois être corrigés, a-t-il ajouté.

Avec cette déclaration sur son droit à se gracier lui-même, le président Trump s'engouffre dans une porte ouverte dimanche par son avocat, Rudy Giuliani, lors d'entrevues accordées à des émissions politiques dominicales des grands réseaux américains.

Au-delà du strict débat juridique, le fait même que le 45e président des Etats-Unis évoque cette possibilité, même en affirmant qu'il n'en aurait pas besoin, a suscité une avalanche de réactions indignées et de mises en garde, y compris au sein de son propre camp.

Nommé procureur spécial en mai 2017 quelques jours après le limogeage du directeur du FBI James Comey, Robert Mueller tente de vérifier si le président a illégalement tenté de faire obstruction à l'enquête.

Même si les dires du président Trump semblent contre-intuitifs, en vertu du principe qu'une même personne ne peut être juge et partie, la réalité est que la légalité constitutionnelle d'une telle défense n'a jamais été testée devant un tribunal.

Lundi, le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avocat de formation, a aussi contredit ce que le président affirmait dans ses tweets, en indiquant que ce dernier était " 0 en 2 en matière de Constitution ".

Giuliani avait déjà dit par le passé que les avocats du président s'opposaient à un tel entretien avec le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les tentatives russes de manipuler l'élection de 2016 en faveur de Donald Trump. "Si le président se graciait, il serait destitué", a-t-il ajouté.

Alors que Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama avaient tous attendu plus de deux ans avant d'accorder leur première grâce, Donald Trump montre qu'il n'hésite pas à utiliser ce droit régalien quand il considère que la justice a fait fausse route.

Selon le New York Times, plusieurs experts de droit constitutionnel contestent les affirmations de Donald Trump.

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