Ce n’est "pas la bonne réponse", selon Benjamin Griveaux — Revenu de base

Jean-Luc Gleize sur le plateau de France 3 Aquitaine

Jean-Luc Gleize sur le plateau de France 3 Aquitaine

Treize présidents de départements défendent l'idée d'un revenu de base, un versement mensuel unique issu d'une fusion de minima sociaux. Le "revenu de base" pourrait constituer une solution pour les personnes en difficulté qui ne peuvent ou n'osent pas bénéficier des aides sociales. Déjà fin mars, les élus avaient initié leur projet et annoncé le lancement d'un questionnaire en ligne pour solliciter l'avis des citoyens. "Il y a un blocage culturel pour aller demander des allocations ", a relevé le président PS du Gers, Philippe Martin, lors d'un colloque organisé à Pessac pour présenter les résultats d'un rapport de l'Institut des politiques publiques (IPP) sur le sujet.

Contrairement à la proposition de campagne phare de Benoît Hamon, ce projet de revenu de base ne serait pas universel mais bien soumis à des conditions de ressources.

Le revenu de base proposé par les présidents des treize départements s'élèverait à 530 euros pour un célibataire sans enfant, a précisé Antoine Bozio, directeur de l'IPP.

Si le gouvernement donne son accord, un échantillon de 20.000 personnes réparties dans les départements de la Gironde, de l'Ardèche, de l'Ariège, de l'Aude, de la Dordogne, du Gers, de la Haute-Garonne, de l'Ille-et-Vilaine, des Landes, du Lot-et-Garonne, de la Meurthe-et-Moselle, de la Nièvre et de la Seine-Saint-Denis pourraient ainsi expérimenter dès l'automne 2018 un revenu de base.

" Le revenu de base est une réponse à des personnes dont le parcours de vie ou le parcours professionnel est chaotique", a résumé pour l'AFP Jean-Luc Gleize, président socialiste du conseil départemental de la Gironde, à l'origine de cette démarche expérimentale. Cible principale de ce dispositif: les 34% de personnes éligibles au Revenu de solidarité active (RSA) qui n'en font pas la demande, par manque d'information, honte, ou parce que les démarches administratives leur semblent trop compliquées.

" LIRE AUSSI - Le revenu universel est-il une utopie? ". En effet, cela va simplifier le système et l'instantanéité des aides puisque le RSA fusionne avec la prime d'activité.

Le porte-parole du gouvernement "préfère avoir une société fondée sur la valeur travail".

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dit jeudi ne pas croire que le revenu de base, que 13 départements souhaitent expérimenter, soit "la bonne réponse" à la pauvreté, disant préférer une société "fondée sur la valeur travail".

L'expérimentation sur 20 000 personnes d'un de ces scénarios coûterait elle entre 2,8 et 7,5 millions d'euros. Le surcoût serait de 9,6 milliards d'euros en cas d'éligibilité à 21 ans, et de 16,2 milliards d'euros à 18 ans.

Dernières nouvelles