Le G7 vers une déclaration commune sur le commerce

Donald Trump et Justin Trudeau au G7 qui se déroule au Canada

Donald Trump et Justin Trudeau au G7 qui se déroule au Canada. LEON NEAL GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP

Le sommet du G7 au Canada s'achève samedi 9 juin par d'ultimes tractations pour sauver les apparences, à défaut de vraiment réduire les fractures ouvertes par Donald Trump, qui a jusqu'au bout imposé son rythme à des partenaires déjà à bout de patience. Les discussions commerciales ont entraîné des échanges très tendus dans la soirée de vendredi, avant que de très longues tractations ne permettent aux leaders politiques d'aboutir à une déclaration commune. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, hôte du sommet, a commencé sans lui, s'offrant au passage une remarque ironique sur les "retardataires".

Le président américain a participé avec le sourire à la traditionnelle photo de famille, et on l'a vu bavarder avec ses homologues, dont Angela Merkel, et le nouveau président du conseil italien, et Giuseppe Conte, qu'il a félicité pour sa "grande victoire".

Le Japon et les Etats-Unis ont refusé samedi de signer un nouvel engagement du G7 contre la pollution des océans par le plastique, un sujet qui a divisé le groupe encore plus que le commerce (avant le retrait des Etats-Unis de la déclaration commune), ou le changement climatique.

LA MALBAIE | L'arrivée du président américain Donald Trump à La Malbaie, vendredi, a attiré une vingtaine de manifestants originaires de la Corée du Nord et de l'Ukraine dans la zone de "libre expression", où ils ont fait part de leurs revendications. Il a aussi traité Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible". alors qu'il avait dit la veille que la relation bilatérale n'avait jamais été aussi bonne dans l'histoire des deux pays.

Alors que les dirigeants du G7 ont présenté à Donald Trump une série de données sur les importations et exportations dans le but de le faire changer d'idée, a dit un représentant qui a suivi les négociations, Trump a répliqué avec ses propres chiffres et soutenu que les Etats-Unis étaient désavantagés dans les échanges commerciaux internationaux.

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

Dans une tribune publiée jeudi par le New York Times, le conseiller au Commerce de Donald Trump, Peter Navarro, étrille les taxes selon lui trop lourdes qui frappent les exportations de voitures américaines vers l'Europe: "Rien d'étonnant à ce que les Allemands nous vendent trois véhicules pour chaque voiture américaine exportée vers l'Allemagne". Comme lors de précédents grands sommets, les Etats-Unis devraient par exemple signifier noir sur blanc dans ce texte leur cavalier seul sur le climat, eux qui ont quitté l'accord de Paris censé contenir le réchauffement planétaire. "Nous sommes la tirelire que tout le monde pille", a-t-il regretté.

Le G7 appelle aussi la Russie à "cesser de saper les systèmes démocratiques" et à abandonner "son soutien au régime syrien". Mais il n'y figurait nul mot de la proposition provocatrice de Donald Trump de réintégrer Moscou à ce club qui l'avait exclu après l'annexion de la Crimée en 2014. Dans l'immédiat, la Russie est de toute façon occupée à accorder ses violons avec la Chine et l'Iran, à l'occasion de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Donald Trump était arrivé en attaquant au G7 organisé au Canada, à La Malbaie, dans la pittoresque région québécoise du Charlevoix, sur les bords du majestueux fleuve Saint-Laurent.

Le président américain a d'ailleurs multiplié les provocations: il est arrivé le dernier et reparti le premier, a séché une réunion sur le climat, et est arrivé en retard à celle sur l'égalité entre les sexes.

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