Les agriculteurs appellent au blocage de dépôts de carburant et de raffineries

Drapeau de la FNSEA sur le site bloqué de la raffinerie de Vatry dans la Marne le 11 juin 2018/AFP

Drapeau de la FNSEA sur le site bloqué de la raffinerie de Vatry dans la Marne le 11 juin 2018 AFP

Les 13 sites qui seront bloqués sont ceux de Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville l'Orcher, Dunkerque (Nord), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Grandpuits (Seine-et-Marne), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Toulouse. "Choisir de bloquer les raffineries, c'est un moyen de se faire entendre par le gouvernement, car ce sont les symboles de ces importations distorsives", explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA.

Les agriculteurs se préparent à bloquer à partir de dimanche soir des raffineries et dépôts de carburants pour dénoncer les contradictions d'un gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l'huile de palme.

Le slogan du syndicat: "N'importons pas l'agriculture", car cela crée des "distorsions de concurrence". Alors que la bio-raffinerie doit être mise en service cet été, notamment pour remplacer du pétrole brut par du bio-carburant comme des huiles végétales, elle a récemment été autorisée par l'Etat a utiliser dans cet objectif 50% d'huile de palme importée de Malaisie et d'Indonésie, soit 300.000 tonnes par an.

"Nous utilisons 8,5%, d'huile de palme, ce qui correspond à un peu plus de 100.000 tonnes, pour 91,5% de colza et de tournesol", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe Avril.

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Le mouvement est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d'ordinaire opposées à la FNSEA sur les dossiers phytosanitaires.

Les paysans en colère espèrent aussi obtenir le soutien des consommateurs, en dénonçant les effets sur le contenu des assiettes d'accords commerciaux internationaux comme le CETA signé par l'Union européenne avec le Canada, ou l'accord UE-Mercosur en négociation avec quatre pays d'Amérique latine.

Il souhaite aussi que le gouvernement "renonce à son contingent d'importation d'huile de palme", et réclame un allègement du coût du travail salarié de saisonniers, qui est "27% plus élevé que la moyenne européenne". Dans la région, c'est le site Total de Dunkerque qui va faire les frais de la colère des agriculteurs. Mécontente, entre autres, du projet de loi Agriculture et Alimentation, la FNSEA a appelé au blocage de toutes les raffineries de France. Une pénurie de carburant n'est pas à craindre dans l'immédiat.

"Pour le moment non", assure une source du ministère des Transports au Parisien, rappelant que "la France dispose de trois mois de réserves stratégiques".

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