Les dates clés de l'affaire — Lactalis

Salmonellose: Lactalis a tenté d'interrompre les travaux de la commission d'enquête parlementaire

Le groupe Lactalis est incriminé dans une affaire de contamination aux salmonelles fin 2017.@ DAMIEN MEYER AFP

Le PDG de Lactalis Emmanuel Besnier a plaidé l'accident jeudi devant les députés français enquêtant sur l'affaire de lait infantile contaminé aux salmonelles fin 2017, sorti d'une usine de son groupe dans l'ouest de la France. Le très discret patron du géant laitier, qui a montré beaucoup de réticence à venir s'expliquer, a été fraîchement accueilli par le président de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de cette affaire. Emmanuel Besnier a assuré avoir décidé de mettre finalement fin à cette tentative. "Heureusement, le groupe est bien différent de l'image que certains veulent bien lui donner", a-t-il déclaré.

38 nourrissons en France (dont 3 en Pays-de-la-Loire) ont été atteints de salmonellose, après avoir bu du lait infantile contaminé, produit en Mayenne.

Selon l'Institut Pasteur, le lait infantile produit à Craon est à l'origine de deux épidémies de salmonellose, l'une en 2005 avec 146 bébés touchés et l'autre en 2017 avec 37 cas.

D'ordinaire, les processus de rappel/retrait de produits présentant des problèmes sanitaires sont communs dans l'Hexagone. Mais dans ce cas précis, le processus de retrait s'est révélé chaotique et la révélation de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination a donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire.

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Le PDG de Lactalis s'est vu reprocher de rejeter une partie de la responsabilité du scandale sur le laboratoire d'analyse.

Pour le PDG, accusé par l'association des victimes de les traiter avec mépris, "l'essentiel est de renouveler toutes nos excuses pour ce qu'il s'est passé, et faire comprendre qu'on a tiré tous les enseignements de cette crise, et qu'on a pris les mesures adéquates pour que ça ne puisse plus se reproduire". Une décision qui met en colère les familles des victimes. C'était la première fois qu'Emmanuel Besnier acceptait de rencontrer la Commission d'enquête parlementaire, constituée en janvier dernier, enquêtant à ce sujet. Il a confié que le groupe avait "failli à (sa) mission qui est de garantir la mise sur le marché de produits sains ", tout en assurant que " c'est un accident, donc il n'y a pas de responsabilités de personnes à l'intérieur de l'usine ". "Ces travaux ont libéré la salmonelle qui était à l'intérieur des bâtiments", a-t-il poursuivi.

Le site de Craon a redémarré discrètement fin mai, par des tests, avec l'objectif de reprendre la production "d'ici quelques semaines, dès cet été", selon Besnier - une décision qui a "scandalisé" l'association des familles. Les 200 familles de victimes qui ont porté plainte contre son groupe doivent espérer que cela lui coûtera cher.

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