Volte-face de Trump au G7: l'Elysée répond

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau le 7 juin 2018 à Ottawa promettent de faire front commun contre Donald Trump au G7

Isolé, Trump est parvenu à imposer son agenda au cours d'un G7 explosif

C'est un sommet pour le moins chaotique qui s'est achevé samedi soir à La Malbaie, au Canada. Europe 1 revient sur les raisons du fiasco.

Ce dialogue doit commencer à s'établir dès les deux prochaines semaines, au niveau technique ou politique, a-t-elle ajouté, mais cette décision ne présage pas d'un accord sur la question du commerce à l'issue du sommet du G7.

Et le texte précise: "Nous nous engageons à moderniser l'OMC (Organisation mondiale du commerce) afin de la rendre plus juste dès que possible".

"Le PM Trudeau du Canada s'est montré docile et modéré pendant nos réunions au G7, tout cela pour donner une conférence de presse après mon départ dans laquelle il déclare que 'les droits de douane américains sont presque insultants' et qu'il ne 'se laissera pas bousculer'", a dit Trump sur Twitter. Quelques heures plus tard, le milliardaire a tweeté, depuis Air Force One, qu'il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final, avant de traiter Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible".

Trump n'a visiblement pas apprécié. "Soyons sérieux et dignes de nos peuples".

Ce dimanche, l'Élysée, qui croyait avoir réussi l'impossible a rappelé: "Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements". Nous nous y tenons.

Les Français avaient mentionné plus tôt dans la journée une idée d'Angela Merkel de proposer à Donald Trump un cadre d'examen des différends commerciaux entre l'Union européenne et les Etats-Unis afin que ces derniers réexaminent leur décision d'imposer des droits de douane sur l'acier et l'aluminium exportés par les Européens et d'éviter que d'autres secteurs comme l'automobile soient frappés. "Nous sommes la tirelire que tout le monde pille", a-t-il regretté.

Donald Trump s'est appuyé sur cette Section 232, qui autorise le mise en place de protections commerciales au nom de la "sécurité nationale" des Etats-Unis, pour annoncer des droits de douane sur l'acier et l'aluminium.

Une autre hypothèse serait la publication d'une "déclaration" signée de la seule présidence canadienne du G7 et actant les désaccords - une différence aussi importante pour les diplomates qu'elle est subtile pour le grand public.

Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, a pour sa part déclaré que Moscou n'a "jamais demandé à revenir" dans le G8. "Je pense qu'il faut arrêter ce babillage inventif et se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération", a appuyé Vladimir Poutine. "S'ils répliquent, ce sera une erreur", a-t-il dit, alors même que l'Union européenne ou le Canada ont confirmé des tarifs douaniers de représailles, dès juillet. Elle prévoit de passer au recyclage de 100% des plastiques à l'horizon 2030, et à développer autant que possible les alternatives aux emballages plastiques.

Les sommets internationaux se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Si le document s'engage à "combattre le protectionnisme", il reprend néanmoins certaines exigences du président américain, notamment la mention d'un échange "libre, équitable et mutuellement avantageux". Elle y est interprétée comme un symbole des différents entre les Etats-Unis et France en particulier, et plus généralement avec les autres pays du G7.

Lors d'une visite d'Emmanuel Macron en avril aux Etats-Unis, ils avaient multiplié les accolades et les tapes affectueuses, Donald Trump allant jusqu'à épousseter lors d'une séance photo l'épaule de son homologue français, pour, selon lui, enlever quelques pellicules.

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