Volte-face de Trump au G7:silence radio de Trudeau

Yves Herman  Reuters

Yves Herman Reuters

Les dirigeants du G7 ont signé samedi 9 juin au Canada un texte de compromis sur le commerce négocié de haute lutte, avant que Donald Trump, à la surprise générale, se désolidarise samedi soir de ce communiqué commun, qualifiant le Premier ministre canadien Justin Trudeau de " très malhonnête et faible " suite à des propos tenus lors sa conférence de presse finale.

Quelques heures plus tard, en route vers Singapour, Donald Trump a balayé du revers de la main tous ces commentaires positifs faits sur le sommet et ses relations avec ses homologues.

Dans un autre tweet, le chef d'Etat américain exprime sa déception vis-à-vis du chef du gouvernement canadien: "Justin Trudeau a agi de manière si douce et tendre pendant nos discussions, puis a donné une conférence dans laquelle il a dit que "les taxes américaines étaient plutôt insultantes" et qu'"il ne se laisserait pas bousculer". Quitte à déclencher une guerre commerciale ouverte, comme le montre sa menace réitérée de taxer les importations de voiture.

"Il y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s'engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s'en va", a renchéri sur Fox News le conseiller présidentiel pour le commerce, Peter Navarro.

A La Malbaie, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l'annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de "saper les systèmes démocratiques". L'Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos. "Peut-être que ça est égal au président américain aujourd'hui d'être isolé mais nous ça nous est aussi égal d'être à six si besoin était", a prévenu le chef de l'État français.

L'image, qui illustre le bras de fer cordial entre les deux hommes - "C'est mon ami", a dit Donald Trump d'Emmanuel Macron lors de cette rencontre bilatérale -, est très commentée sur les réseaux sociaux.

"C'est hautement improbable qu'il y ait un communiqué final", a-t-on appris auprès de plusieurs responsables du G7. Arrivé avec plus d'un quart d'heure de retard au petit-déjeuner de travail du samedi consacré à l'égalité entre les sexes, Donald Trump a été le premier à quitter La Malbaie, alors que les autres membres du G7 poursuivaient les discussions.

Sur l'Iran, autre grande ligne de fracture depuis que les Etats-Unis ont claqué la porte de l'accord nucléaire iranien, le président américain a indiqué que "les Etats du G7 (restaient) décidés à contrôler les ambitions nucléaires" de Téhéran. Et la présidence française ne s'arrête pas là: "Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Soyons sérieux et dignes de nos peuples".

"Les États-Unis ne permettront pas à d'autres pays d'imposer des tarifs douaniers à ses fermiers, ses travailleurs et ses entreprises".

Le président Donald Trump a infligé une retentissante gifle diplomatique à Justin Trudeau et au G7. De quoi inquiéter l'Europe et notamment l'Allemagne, car les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures. Mais, dans le même souffle, il a répété son discours sur les échanges commerciaux, martelant que les États-Unis sont pénalisés depuis des décennies dans ces échanges: " On est une tirelire que tout le monde vole... "La " coopération " est plus que jamais nécessaire alors que " l'unilatéralisme, le protectionnisme et les réactions opposées à la mondialisation prennent de nouvelles formes", a pour sa part estimé le numéro un chinois.

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