"Il n'y aura pas de pénurie d'essence" promet Stéphane Travert — Raffineries bloquées

Pénurie d'essence: des dépôts bloqués des stations-service à sec

Les agriculteurs vont bloquer la raffinerie de La Mède à partir de dimanche

Les 13 sites qui seront bloqués sont ceux de Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville l'Orcher, Dunkerque (Nord), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Grandpuits (Seine-et-Marne), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Toulouse.

Les agriculteurs français ont commencé dimanche soir à bloquer des raffineries et dépôts de carburant, pour dénoncer l'"incohérence" du gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l'huile de palme.

Vous avez aimé cet article? Les blocages pourraient durer trois jours.

Une pénurie de carburant n'est pas à craindre dans l'immédiat.

Les agriculteurs envisagent le blocage de ces ressources "stratégiques" pour engager un rapport de force avec l'Etat et contester notamment la signature d'accords internationaux sur l'importation de viande, de sucre ou d'éthanol aux conditions de production différentes des produits français.

Le slogan du syndicat: "N'importons pas l'agriculture", car cela crée des "distorsions de concurrence". Une source au ministère des Transports rappelle au Parisien que la France dispose de réserves: le fameux "stock stratégique" qui correspond à l'équivalent de trois mois de consommation en France.

Jusqu'à 300.000 tonnes par an d'huile de palme, produit hautement controversé car accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est, doivent en particulier être importées pour alimenter la bioraffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), qui doit démarrer cet été.

Nécessitant jusqu'à 650.000 tonnes de matières premières par an, la bioraffinerie de La Mède utilisera aussi d'autres huiles, dont 50.000 tonnes de "colza français", a promis début juin le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

" L'organisation est faite pour durer ", car " le dialogue est rompu " avec le gouvernement, explique Damien Greffon, président de la FRSEA d'Ile-de-France, devant le dépôt de carburant de Grigny (Essonne), où des agriculteurs ont déversé de grandes quantités de fumier, de terre et de pommes de terre pour bloquer les accès, sous les yeux de CRS. Avant d'ajouter que le gouvernement "ne reviendra pas " sur l'accord avec Total.

L'huile de palme est loin d'être le seul produit visé, mais c'est "la goutte qui a fait déborder le vase de la colère", ajoute Jérôme Despey. Ils souhaitent également la réintroduction de l'amendement sur " l'interdiction d'importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l'Union européenne, même à doses résiduelles " au sein de la loi alimentation, examinée la semaine prochaine par le Sénat.

Le mouvement des agriculteurs est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d'ordinaire opposées à la FNSEA dans les dossiers phytosanitaires. Cette source assure que le si le mouvement des agriculteurs devait se prolonger, le gouvernement prendrait "des mesures pour approvisionner les stations essence en tension".

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