Pourquoi les futurs concerts du rappeur Médine au Bataclan font polémique

Le Bataclan une salle de concerts ou

Des élus français protestent contre la venue de Médine au Bataclan

A la réouverture du Bataclan, un an après l'attentat, les patrons avaient clamé leur intention de ne pas faire un "mausolée" de cette salle réputée pour ses concerts rock, pop et rap. "Les gens sont libres de se rendre ou pas à son concert et d'apprécier ou pas sa musique, mais nous ne serons pas des censeurs artistiques", conclut l'association.

La droite et l'extrême droite appellent à l'annulation des deux concerts du rappeur prévus là où 90 personnes ont perdu la vie en 2015. En cause, notamment, les paroles de la chanson "Don't Laïk", sortie en 2015 une semaine avant l'attentat contre Charlie Hebdo, dans laquelle il affirmait: "Crucifions les laïcards comme à Golgotha" et "J'mets des fatwas sur la tête des cons".

Tout est parti d'un tweet de Damien Rieu, militant d'extrême droite, membre de Génération identitaire et du Front national. Laurent Wauquiez a réagi en ces termes scandalisés: "Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France". "Le sénateur LR de Vendée, Bruno Retailleau, dénonce une " provocation inadmissible ".

Pour eux, le rappeur de 35 ans ne peut exprimer ses paroles dans une salle visée par un attentat jihadiste.

Mais qu'en pensent ceux dont toutes ces déclarations se prétendent les émissaires, c'est-à-dire les rescapés des attentats du 13 novembre 2015 - blessés physiquement et psychologiquement -, et les familles des victimes?

"Une telle interdiction offrirait une formidable occasion à ce rappeur de s'ériger en victime de la censure", a argué pour sa part le mouvement laïque Printemps républicain, tout en interpellant les programmateurs: "Nous nous interrogeons néanmoins sur la responsabilité de la direction de la salle [.] Dans un tel lieu de mémoire, la logique purement commerciale ne peut s'imposer, seule, quant au choix des artistes invités à se produire sur scène". Ses autres concerts n'ont pas suscité de tel tollé. Un message qui rappelle celui de certains survivants ou proches de victimes du Bataclan, qui ont regretté publiquement la "récupération politique" faite autour de ce concert.

" Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du #Bataclan". Des regrets qu'ils devraient renouveler "plus fort", selon M. Faure.

Au coeur d'une polémique autour de sa programmation dans la tristement célèbre salle de spectacle, le rappeur a répondu à ses détracteurs, lundi 11 juin, dans un post sur Twitter.

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