Taxée de "cynisme", l'Italie refuse les "leçons hypocrites" de la France — Aquarius

Matteo Salvini prévient deux navires d'ONG approchant de la Libye qu'ils ne pourront pas revenir en Italie

L'Italie refuse qu'un navire humanitaire avec 600 migrants accoste dans l'un de ses ports

Ce sera l'Espagne. Au terme d'un bras de fer européen de deux jours, les 629 personnes sauvées dans la nuit de samedi à dimanche en mer Méditerranée seront finalement accueillies au port de Valence.

Le nouveau gouvernement espagnol a proposé d'accueillir le navire, qui doit se diriger vers le port de Valence.

Selon un membre du groupe En Marche (LREM), environ "une trentaine" de députés ont décidé de "mettre une pression" sur le gouvernement concernant l'avenir de l'Aquarius, ce navire à bord duquel se trouvent 629 migrants. "Cela n'aurait pas réglé tous les problèmes, mais cela aurait au moins permis de partager la charge que les pays du Sud, principalement l'Italie, Malte et la Grèce, ont portée plus que de raison", souligne Laurent Bodin dans " L'Alsace ". Derrière le judas, Daniela Alario, 66 ans, qui accueille bénévolement deux fois par semaine trois jeunes Nigérianes pour des cours d'italien, a vu se dessiner le visage du nouveau ministre de l'intérieur italien, Matteo Salvini, " les yeux injectés de sang, en colère ".

Matteo Salvini, qui s'est imposé ces derniers jours comme le véritable homme fort du gouvernement italien, a confirmé mardi que les autres ONG opérant au large de la Libye seraient traitées de la même manière. Plusieurs personnalités connues pour se situer à la droite du parti, à l'instar d'Éric Ciotti, ont catégoriquement refusé l'idée que l'Aquarius soit détourné vers un port français. "On veut que Nice devienne Lampedusa?", a-t-il lancé, disant espérer "qu'il y aura une extrême fermeté là-dessus des autorités françaises".

L'Espagne avait proposé lundi d'accueillir le navire, mais les dirigeants de l'ONG SOS Méditerranée jugent que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour mener le bateau jusqu'à ce pays. Dans un premier temps, elle avait décliné la proposition espagnole. "Mais la solution évidente c'est le retour vers les côtes tunisiennes ou vers les côtes libyennes", a-t-il martelé.

La France dit non?

"Nous devons faire preuve de solidarité, ce que n'a pas fait l'Italie", a-t-il ajouté.

Ce n'est qu'à l'issue du Conseil des ministres mardi en début d'après-midi, que la France est officiellement sortie du silence. La France n'est "pas inerte", a assuré Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, en allusion à l'engagement "sur le théâtre libyen pour stabiliser la situation".

Une lueur d'espoir pour les 630 migrants secourus en mer Méditerranée par l'"Aquarius". "Oui enfin, il prend une position, n'étant pas aux responsabilités, qui est facile", a affirmé M. Lemoyne, alors que le gouvernement était resté muet sur le sujet jusque-là. Il faut aller vers le port le plus sûr et le plus proche. Un autre bateau de secours, le Sea-Watch 3, est difficilement parvenu à accoster à Reggio de Calabre après avoir été retenu et contrôlé par les autorités italiennes pendant douze heures.

"Des vivres seront livrés sous peu à l'Aquarius par un navire italien", a indiqué l'ONG sur Twitter.

Cet ouvrage d'initiative régionale fait la part belle aux images (200 photos), accompagnés des mots de Laurent Gaudé, Prix Goncourt 2004.

" Equipe de SOS Méditerranée, préparez-vous pour un sauvetage!" La France avait aussi demandé à l'Italie de reconsidérer sa décision.

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