France: le directeur d’un collège catholique menacé après avoir dénoncé un viol

Sciard /IP3 Press  MaxPPP

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"Il s'agit d'une véritable chasse à l'homme car ce directeur a prévenu les gendarmes dès sa connaissance des faits".

Paul Gobillot, 62 ans, a été suspendu après plus de trente ans à la tête de l'institution Saint-Joseph à Saint-Ambroix.

La direction de l'établissement reproche au principal, en poste depuis 33 ans, "divers griefs", a affirmé Jérôme Martine, le directeur diocésain, qui a refusé de s'exprimer "plus avant" alors que la procédure est en cours.

Le directeur a bénéficié du soutien des élèves, anciens élèves et enseignants.

"On me reproche de ne pas avoir respecté les procédures administratives". "C'est le monde à l'envers!".

Lors du voyage scolaire à Malte de 38 élèves entre le 5 et le 9 mars 2018, deux élèves de Saint-Joseph hébergés dans des familles ont violé leur victime avant de la rosser tandis qu'un autre filmait la scène avec son téléphone portable, une vidéo diffusée sur un réseau social. Le directeur n'a pas hésité à dénoncer les faits en se rendant à la gendarmerie en compagnie des parents de la victime. Les deux auteurs présumés ont été exclus du collège et sont mis en examen.

Selon l'avocat, Paul Gobillot est considéré comme un "gêneur", faisant notamment obstacle à certains projets immobiliers du diocèse. On lui reproche aussi certains choix pédagogiques comme la création d'une classe de "décrocheurs", poursuit l'avocat. Cette initiative a abouti, selon lui, à "des réussites extraordinaires".

La suspension du directeur, "porteur de valeurs exemplaires", a plongé l'équipe éducative et les élèves de Saint-Joseph "dans la détresse", assure à l'AFP Ghislaine Pialet, professeur de français depuis 28 ans dans le collège.

Paul Gobillot doit être reçu mercredi à 18H00 à Nîmes par la direction diocésaine de l'enseignement catholique avant qu'un conseil d'administration ne décide prochainement de son sort.

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