General Electric ne tiendra pas ses promesses — Emploi chez Alstom

Usine de Belfort le 9 septembre 2015 après le feu vert de la commission européenne pour le rachat de la branche énergie d\'Alstom par le géant américain General Electric

Alstom. General Electric ne tiendra pas ses engagements en termes d’emploi

Il y a quatre ans, un peu plus d'un mois après la révélation de son projet de rachat de la division énergie d'Alstom, GE avait fait cette promesse pour amadouer un gouvernement français divisé.

M. Le Maire a "regretté" l'annonce de GE, qui selon Bercy n'avait créé que 323 emplois en France à la fin avril, et a demandé au groupe américain de prendre "désormais toutes les dispositions nécessaires" pour se "conformer au mieux" à ses engagements.

Le Président de la République reste aujourd'hui silencieux sur ce dossier et c'est Bruno Le Maire, patron de Bercy, qui affirme que General Electric devra "verser des compensations à hauteur des emplois qui n'ont pas été créés en France". Le patron américain lui a expliqué que son entreprise était "confrontée à un environnement difficile du fait de l'évolution défavorable de ses marchés historiques dans le secteur de l'énergie", indique le ministère dans un communiqué. En novembre déjà, John Flannery avait qualifié de " très décevante " la performance du pôle énergie d'Alstom, et annoncé son intention de se séparer de ses activités de transports et services d'électricité dans le cadre d'un plan de cession de 20 milliards de dollars.

Le ministre a rappelé à M. Flannery que "les engagements qui ont été pris par GE (.) sont d'une grande importance pour le gouvernement, et qu'il se doit de veiller à leur concrétisation".

M. Le Maire a demandé au PDG que des "perspectives claires soient données pour les années à venir à chacun des sites industriels de GE en France, qui permettent d'assurer la pérennité de l'activité et des emplois associés".

GE assure de son côté avoir tenu ses autres engagements: "La création de quatre sièges mondiaux en France, celle de trois co-entreprises avec Alstom, la non-fermeture de sites en France et la présence d'un Français au conseil d'administration du groupe", a indiqué à l'AFP une source proche de l'entreprise. Arnaud Montebourg, déplorant que " la parole des multinationales [soit] lourdement dévalorisée par ce type de comportement ", incite le gouvernement à appliquer ces amendes, dont l'addition s'élèverait pour GE à quelque 34 millions d'euros.

Les syndicats ont également réagi à Belfort.

Les sénateurs socialistes Jérôme Durain (Saône-et-Loire) et Martial Bourquin (Doubs) ont appelé le gouvernement à "exiger de GE un nouvel accord". M. Flannery a succédé l'an dernier à Jeff Immelt, qui avait mené à bien l'acquisition de la branche énergie d'Alstom en 2014.

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