Petite martyre de l’A10 : les parents ont été mis en examen

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Grâce à l’ADN, la petite fille surnommée « la martyre de l'A10 » a enfin une identité 31 ans après sa mort

Condamné à six mois de prison avec sursis, il se fait prélever son ADN qui coïncide avec celui retrouvé sur la couverture qui enveloppait la petite martyre de l'A10. Ils ont été placés en garde à vue pour meurtre, recel de cadavres et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans.

Des perquisitions dans l'Aisne et en Seine-Saint-Denis ont été réalisées au moment des interpellations. Ils devaient être présentés jeudi matin à un juge d'instruction à Blois en vue de leur inculpation. Les expertises avaient révélé que son corps portait des traces de brûlures dues à un fer à repasser et que les cicatrices et plaies de morsures humaines avaient été provoquées par une petite mâchoire qui pouvait être celle d'une femme.

Les parents de la fillette de quatre ans, dont le corps avait été découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10, ont été mis en examen ce jeudi.

Grâce à l'ADN du frère, les enquêteurs ont pu identifier et retrouver la trace des parents, un couple de sexagénaires originaires du Maroc, selon le quotidien régional La Nouvelle République. Inass, troisième d'une fratrie de sept enfants, était aussi "déclarée dans les fichiers de la Caf (caisse d'allocations familiales, ndlr) et avait "une existence légale et juridique". En attendant qu'un épitaphe et le nom de la très jeune victime soient apposés dessus, la tombe de la "petite inconnue de l'autoroute A10" est encore fleurie trente ans après. Séparé de sa femme depuis 2010, Ahmed Touloub explique, d'après Frédéric Chevallier le procureur de la République de Blois, "avoir vécu un enfer avec une épouse violente".

Le père se dit +soulagé+" par les dernières découvertes des enquêteurs, mais la mère "dit qu'elle n'y est +pour rien+ et ne pas comprendre pourquoi elle est convoquée.

Après la découverte de la fillette, surnommée à l'époque "la petite martyre de l'A10", la gendarmerie avait lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. Toutefois, ses déclarations "ont évolué", a-t-il ajouté. Il reconnaît en revanche avoir abandonné le corps de la fillette le long de la route, en partant pour le Maroc, par "lâcheté".

Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics: Elle mesurait 0,95 mètre, avait les cheveux bruns bouclés et les yeux marron foncé. Une ordonnance de non-lieu avait auparavant été rendue en octobre 1997, après des recherches infructueuses, laissant cette affaire non résolue.

Le procureur de l'époque Etienne Daures disait pourtant avoir "bon espoir de pouvoir donner un nom" à cette fillette, enterrée anonymement au cimetière de Suèvres, proche des lieux de la découverte du corps. Sur le monument funéraire est gravée une simple inscription: "Ici repose un ange".

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