L'euro chute après la BCE - Devises & Matières Premières

Peter Praet principal économiste de la BCE

Peter Praet principal économiste de la BCE

Cette fois, c'est annoncé.

"Les annonces de la BCE ont été l'événement de la journée, elles ont provoqué une baisse des taux sur tous les pays européens et sur toutes les maturités", a commenté auprès de l'AFP Guillaume Rigeade, gérant allocation d'actifs et dettes souveraines chez Edmond de Rothschild Asset Management.

Annoncé en janvier 2015, ce programme destiné à sauver la zone euro de la déflation a commencé par des achats de grande envergure d'obligations émises par des États, suivis à partir de la mi-2016 de dettes d'entreprises. Il a permis à la BCE de déverser à ce jour plus de 2.400 milliards d'euros de liquidités sur le marché, pour favoriser le financement des ménages et des entreprises afin qu'ils stimulent la croissance et l'inflation.

La Banque centrale européenne a décidé jeudi 14 juin d'arrêter, à la fin 2018, son vaste programme de rachats d'actifs.

Cette sortie progressive du QE passera par une baisse de son rythme entre octobre et décembre, à 15 milliards d'euros mensuels contre 30 milliards actuellement.

Ce qui justifie l'annonce de la BCE: les meilleurs chiffres sur l'inflation - seul critère explicitement prévu dans le mandat de la BCE -, avec une remontée stimulée par les prix de l'énergie mais aussi les hausses de salaires.

Parallèlement, la banque centrale a marginalement ajusté ses prévisions de croissance du PIB (de 2,7 à 2,8% cette année, et toujours 2,4% en 2019 puis 2% en 2020), écrêté celles de chômage (- 0,2 point pour 2018 à 3,6%, - 0,1 point pour 2019 à 3,5%), et relevé celles d'inflation (en données PCE): + 0,2 point pour 2018 à 2,1%, + 0,1 point pour 2019 à 2,1% également.

Réunie à Riga, en Lettonie, l'institution monétaire intègre ainsi le coup de froid enregistré au premier trimestre sur la conjoncture, ainsi que les " incertitudes croissantes " nées des tensions commerciales entre Washington et ses principaux partenaires. "Une stimulation significative par la politique monétaire demeure nécessaire pour que les pressions sur les prix intérieurs continuent de s'édifier et pour soutenir l'évolution de l'inflation publiée à moyen terme", a-t-il ajouté. Le relèvement de la prévision 2018 est lié principalement à l'envolée de plus de 60% des cours du pétrole depuis un an et au repli de l'euro face au dollar, deux évolutions qui alimentent l'inflation importée.

"Si le retrait est marqué, cela pourrait inquiéter un peu les investisseurs, qui sont aujourd'hui un peu déçus des performances économiques européennes depuis le début de l'année et se rendent compte de la multiplication des risques en zone euro", a-t-il poursuivi.

Le consensus des économistes était bien plus pessimiste, prévoyant de son côté 223.000 inscriptions.

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